| Ce festival, qui renaît des cendres de l'Autoroute Ferrières a fait fort l'année dernière
en s'offrant une tête d'affiche de choix par la présence des "Girls in Hawaii" dont le nouvel album venait juste de sortir.
Absente l'année dernière, j'étais bien décidée à être de cette édition dont l'affiche était tout aussi prometteuse. D'autant plus que certains artistes tels que Jeronimo, Malibu Stacy et Eté 67 réservaient une bonne partie de leurs concerts à leurs nouveaux albums respectifs.
L'accueil des organisateurs et de leur équipe est sans conteste la plus sympathique qu'il soit. Commodités, parking et camping gratuits, boisson à 1,50€, une deuxième scène, une programmation alléchante… "La convivialité pour un prix démocratique" était leur mot d'ordre et il est vrai que le public
en a eu pour son argent vu l'heure tardive (2h10) du dernier concert le samedi. Garantissant toutes les conditions pour que le festival soit considéré comme le plus amical de tous, il faut avouer que quelques points doivent encore être améliorés. En n'oubliant pas de signaler que la météo ne leur
a pas été des plus heureuses : samedi, le festival aurait pu être rebaptisé le "Bouecolique" festival…
Sans compter que faire retourner le public par les bois n'était incontestablement pas des plus judicieux puisque certains ont eu le malheur de "renverser" un jeune faon… et si la voiture et ses occupants s'en sortent bien, ce ne fût pas le cas de l'animal. Je vous
épargne les détails visuels qui m'ont fait oublier l'effervescence musicale qui régnait jusque là dans ma tête…
Vendredi 12
Venons en aux concerts et réglons directement l'histoire de Rex The Dog, absent de marque, à cause de l'incendie du tunnel sous la manche. Une annulation qui gâche un peu la fête… Le remplacant se nomme Terence Fixmer et les horaires
des prestations sont donc réaménagés. Débutons par un DJ set des Loulou Players, agrémenté de projections sur écrans,
le duo balance leurs sons électros. C'est le début du festival, il faudra un peu de temps mais le public sera à l'écoute.
Les sonorités pop-rock que développent les membres de Piano Club donnent un cachet particulier à ce
DJ set et j'avoue avoir succombé à leur playlist quasi dans l'intégralité. Une playlist agrémentée de temps à autre de titres de leur répertoire (notamment "Girl on TV"). Si même, parfois, les disques sont un peu maladroitement
mixés, la sélection est, selon moi, parfaite. Tout en gardant un beat électro, ce choix de titres plus pop est vraiment impeccable ! Et pour que la fête soit complète (selon Piano Club), Anthony offrira le champagne au premier rang du public.
Soul Designer (Fabrice Lig), affublé d'une kyrielle de claviers devant lui, est venu présenter son album
"Evolutionism" sur lequel on retrouve l'excellent "The power of a city". Et s'il est vrai que l'album s'inspire d'une house américaine assez underground qui n'est pas forcément des plus accessibles (?), il faut dire qu'une fois sur scène, les compositions
de Fabrice Lig sont magnifiées. Sa reprise de "Rockit" (Herbie Hancock) est, en live, encore plus jubilatoire. Un vrai live puisque Fabrice en assurera aussi les parties vocales.
D'autres "DJs" qu'il ne fallait pas rater vu le peu de concerts qu'ils donnent en Wallonie, c'est le duo Shameboy. Fort de
leurs succès que sont "Rechoque" et "Strobot", leur performance valait le détour. Une énergie renversante sous les beats saturés avec cette touche mélodique indéniable. La recette a fonctionné et a complètement renversé la tente du festival.
Le régional Compuphonic est présent en DJ set. Si vous vous fiez aux compositions habituellement minimalistes
de ce jeune homme, son set pourrait vous surprendre. Tout en gardant cet aspect musical, sa sélection de disques (vinyles ou cds) comporte aussi des rythmes plus soutenus pour un moment vraiment festif. On aura pu voir Fabrice Lig assister au DJ set de Compuphonic et ce devant une plaine
bondée de fanas d'électro.
Vive la Fête est inévitablement la tête d'affiche du vendredi. Une fois de plus, leur savoureux mélange
de sonorités électro et de riffs plus rock a garanti l'ambiance festive sous le chapiteau. Et surtout, il y a Els Pynoo pour assurer le show !
Cosy Mozzy vs Jean Montevideo… Vous souhaitez les tubes électroclash du moment ? Ce duo les a et en fait profiter
tout le monde. On nage de nouveau entre rock et électro, une association parfaite entre le Dj le plus réputé et le chanteur le plus dansant de Belgique. Parfait pour terminer ce premier jour.
Samedi 13
C'est toujours un réel plaisir que de voir Jeronimo sur scène. Et pour le Bucolique festival, un plaisir renouvelé
puisque c'est ici que Jérôme et la nouvelle composition de groupe ont proposé les chansons du troisième album. En plus de Thomas Jungblut (batterie) déjà présent précédemment, Gaêtan Streel (guitare, clavier, chœurs) et Calogero
Marotta (basse) sont donc les nouveaux compagnons de route de Jérôme. Le rock en français n'a jamais été aussi percutant. Il y a, chez Jeronimo, cette énergie créée par la puissance des guitares, les textes corrosifs ou parfois cyniques et
la présence scénique de Jérôme Mardaga. Il ne chante pas ses chansons, il les vit, sans mise en scène, restant pourtant naturel. C'est justement ça qui plait. Trois albums revisités ici avec, bien sur, les immanquables "Ma femme me trompe",
"La fille sous l'eau", "Mon éternel petit groupe", "Les mains qui tremblent" et le tout récent "L'argent c'est bien".
Ce qui marque d'emblée le concert d'Austin Lace, c'est bien sur le visuel et précisément "la tête
rouge" qui accompagne le groupe comme une marque de fabrique. Tout au long du concert, ce personnage masqué se promènera de part et d'autre de la scène. On en oublierait presque la musique, la pop mélodieuse que les Bruxellois proposent. Des titres qui facilement
se retiennent, sans effort parce que légers et… bucoliques. Le groupe tentera tant bien que mal de réchauffer le public présent sous une météo glaciale.
Tout comme Jeronimo, Eté 67 a choisi Ferrière pour présenter son nouvel album. Mais ici, bien que les chansons
soient toujours très bien jouées sur scène, ce n'est pas tant cela qui me préoccupe mais plutôt le nouveau look du chanteur, qui, peut-être pour se donner encore plus de maturité, a décidé de se laisser pousser la barbe. Détail,
peut-être… Mais il faut avouer aussi qu'il est bien fringué, sapé comme un parfait gendre un dimanche après-midi chez les beaux-parents. Ca lui donne un look un peu rétro mais ça n'enlève en rien la qualité de la prestation.
The Vondurden Party Project, avec leur tube "Dance to the music" se présente comme les outsiders belges
de la pop dansante. Mais il ne faut pas croire qu'ils ne se résument qu'à cela puisque le concert permettra également de découvrir un groupe à la fois funky et rock. Une diversité de genre qui s'aligne parfaitement sur scène et qui fera danser tout
le monde.
Malibu Stacy est un des trois groupes à présenter un nouvel album pour le festival mais j'avoue ne pas y avoir prêté plus attention que cela.
Personnellement, j'aurais pu en rester là car les deux groupes suivants ne m'intéressaient pas plus que ça
mais, un peu plus d'une heure et demie plus tard, il y a Superlux… Superlux, arrive en bout de course du festival (1h25), il est tard, il fait froid et voila que le courant saute. Une fois, deux fois… alors qu'ils ne sont qu'à la balance. Elle prend
donc du temps, d'autant d'ailleurs qu'à cette heure tardive, il n'y a plus grand monde du staff technique pour parier à ces coupures. Sous le chapiteau, le groupe précédent (Deportivo) en termine que les Liégeois sont toujours occupés à faire leur
balance. Le groupe décide, malgré l'accumulation de problèmes, de tout de même prendre place sur scène. Ils entament mais subissent encore des coupures de courant pendant le concert dont une ou Nicolas, le chanteur, s'avancera pour continuer tant bien que mal
a capella, sans musique, sans micro... Tout cela s'ajoute à ce bruit horripilant, vrombissant d'un surplus de sons dans les retours. Il est certain que ce n'est pas le concert de Superlux que je souhaite garder en mémoire, sachant trop bien que, dans de bonnes conditions, ils sont
irréprochables pour procurer de fortes sensations. Je quitte le festival, déçue que cette succession d'ennuis électriques ait gâché le plaisir que la grande fan que je suis espérait ressentir… A qui la faute ?
On peut se poser la question de l'intérêt de faire jouer un groupe à cette heure tardive dans un festival, en plein air... d'autant plus pour un deuxième jour de programmation. Pourtant les Liégeois n'étaient pas les derniers puisque Montevideo vs
Compuphonic termineront sur la grande scène, sous chapiteau, cette édition 2008… mais sans moi.
C.Flohimont
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