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7, 8, 9 juillet 2006 |
Après ce premier rendez-vous des Ardentes, il faut constater que d'une manière générale, le festival a été une réussite. Il y a quelques modifications à faire, bien entendu mais on voit que les organisateurs ont vu les choses en grand,
souhaitant ne rien laisser au hasard. Il apparaît que, d'emblée, faisant preuve de professionnalisme, ils ont souhaité se poser comme festival majeur en Communauté française.
Tout a été prévu : le fléchage (voir
notre photo), les différents parkings, le camping, le "village" restaurant, les toilettes, les bars, l'emplacement pour les personnes à mobilité réduite, la masse de sponsors, le quartier VIP, la retransmission de la finale du mondial de foot et (aussi) l'éclectisme
de la programmation.
En voyant le Parc Astrid "dénudé", on ne pouvait s'imaginer qu'il serait le lieu parfait pour un festival. Bien sur, la proximité du Hall facilitait le choix de l'endroit. L'emplacement est agréable, juste dommage que la scène principale soit fort éloignée
du Hall, ce qui a posé beaucoup plus de problème samedi ou dimanche où il n'y avait que deux scènes en alternance et ou, forcément le temps de rejoindre l'autre côté, vous manquiez peut-être le début du concert ou la fin du précédent.
Quand aux qualités sonores des lieux, le son était excellent sur la scène principale, mais beaucoup moins lorsqu'il s'agit du "grand" hall où des groupes "sonores" jouent.
Si le public s'est surtout amassé pour Indochine, il fut assez clairsemé les autres jours.
L'emplacement pour les "chaisards" démontre une ouverture d'esprit mais quel ne fut pas la surprise de ces quelques aventureux
en fauteuils, venus voir le concert d'Indochine et se rendant compte que rien n'avait été prévu pour rejoindre leur emplacement. Même les bénévoles ou la sécurité ne savaient trop ce qu'ils devaient faire pour aider ces personnes. "Adressez-vous
à la croix rouge" leur a t-on dit mais ceux-ci n'en étaient pas plus responsable.
Pour rejoindre la scène principale et l'emplacement prévu, il fallait
soit descendre une volée d'escaliers ou passer par l'accès backstage et faire le tour de la pelouse pour enfin trouver la tribune. Cette dernière n'était pas "gardée" et donc tout valide pouvait s'y rendre sans que cela ne gêne personne. Aucun responsable
n'était présent en cas de malaise d'une personne en fauteuil roulant. Sans compter le chemin à parcourir de nouveau dans l'autre sens si l'un d'eux souhaitait se rendre aux toilettes alors qu'elles étaient juste derrière eux, séparées par une volée
d'escalier ! Il eut été plus simple de faire un accès près des VIP directement vers la plate-forme...
Dans le grand Hall, la réverbération des basses ou de la batterie sur les murs ne constituait pas une sensation sonore très agréable.
Quelques erreurs de programmation aussi, Le Peuple de l'herbe aurait dû jouer sur la grande scène. La soirée "dub" n'a pas fait le plein et aurait dû se faire dans un espace plus restreint alors que DJ Cam balançait son rap dans un "petit hall" bien
rempli.
Je pourrai également ajouter la trop longue liste de groupes. Pour quelqu'un qui adore la musique, il était très difficile ou fatiguant de voir tout, le jour et la nuit, le "rock" et les DJ's. J'en garde comme une impression qu'ils ont voulu en faire trop de ce côté-là.
S'il est vrai que le ticket était vraiment abordable (50 euros pour les 3 jours), ce n'était pas le cas des boissons. Même si on nous dit que 2 euros pour une choppe, c'est le prix pratiqué dans la plupart des festivals, ces mêmes 2 euros pour un cola de 25cl, je trouve cela
cher payé !
Après deux venues à la Soundstation, il était normal de retrouver les TTC à ce festival et quelle bonne idée ce fut de les placer juste avant Modeselektor quand on sait que les TTC ont collaboré sur l'album des Allemands.
TTC font du hip-hop mais pas dans le sens Iam ou MC Solaar du terme. Ils font partie d'une nouvelle génération de rappeurs, je dirais même qu'ils sont précurseurs d'une
nouvelle façon d'aborder le hip-hop : la façon techno. Car l'essentiel de la musique de TTC est surtout constituée de beats forts et leur flow découle rapidement sur ces beats. Il y a aussi l'utilisation des samples de vieilles chansons "populaires" tels le "Only you" des Platters ou le "Sara perque
ti amo" de Ricchi e Poveri. Enfin, ils ont cette sympathie du public, ils l'ont dit : les Liégeois sont leurs chouchous, n'hésitant pas à inviter une vingtaine de demoiselles sur scène pour un flow sexuellement très cru.
Modeselektor juste après TTC, bonne idée dans l'absolu, et pourtant ils n'en ont pas profité pour demander aux rappeurs d'assurer
les deux titres sur lesquels ils ont collaborés. Nous aurons juste la présence sur scène d'un des membres pour un échange de casquette-chapeau mais pas de flow. Quand au live des Allemands, il fut soufflant, fort en beats et hyper dansant. Et quelle bonne idée d'avoir réarrangé de manière plus posée,
le "First rebirth" de Jones & Stephenson.
Sven Väth en dj set... Je lui piquerais bien ses disques... Un dj set très House progressive avec un choix de disques très groovy
mêlé aux deux derniers titres de Depeche Mode (pour "John the revelator" et "A pain that I'm used to"). 
Quant à Blackstrobe, ils m'ont surpris, je m'attendais à un dj set et Liège a eu droit à une version live avec batterie, guitare, clavier et chant. Alors que dans les deux halls, la soirée ne fait que commencer en compagnie des Liégeois d'Elektrash et d'un autre côté, des Surfing
Leons.
Une journée qui m'a semblé comme en demi-teinte, sans réel nom motivateur même si certains étaient venus pour Echo & the Bunnymen. Plus tôt dans l'après-midi, Redboy et son groupe
My
Little Cheap Dictaphone était venu pour présenter leur nouvel album "Small town boy". Que ce soit avec Hollywood Porn Stars ou MLCD, Redboy reste toujours aussi explicatif, présentant ses chansons, disant quelques mots sur leurs contextes, nous dévoilant
que depuis quelques temps, il s'aventurait à faire le "cow-boy", à découvrir la musique country dont il a fait profité le public.
Stef Kamil Carlens avait revêtu une tenue très disco pour ce concert avec son groupe Zita
Swoon. Un groupe qui s'aventure de plus en plus vers le côté funk de la musique. A certains moments, on aurait cru voir James Brown, tant Stef bouge sur scène, se donnant à fond avec sa subtile voix.
Le Peuple de l'herbe se trouvait donc dans un bien mauvais lieu pour leur concert. Non seulement du fait de cette réverbération des basses sur les murs mais aussi du fait qu'ils ont fait face à un public nombreux. Il était en effet très
difficile de se frayer un chemin pour approcher les artistes et ceux qui sont arrivés après Zita Swoon ont dû se résoudre à rester dans le fond de la salle, souffrant de cet atroce son. Ils auraient vraiment mérité les honneurs de l'Open air.
Echo and the Bunnymen venu en tête d'affiche de ce samedi ont offert une prestation honnête, manquant
peut-être de chaleur, de communication avec le public.
De retour vers le Hall avec d'un côté la scène dub qui, comme écrit plus haut, se trouvait dans le grand hall et n'a pas eu le succès prévu par l'ampleur de la salle.
Alors
que pendant ce temps-là, dans le hall "House – Triphop", DJ Cam fait le plein, enchaînant ses plaques Hip-hop US, scratchant celles-ci de belle façon et faisant ainsi danser le public.
Un petit retour sur l'Open Air pour
Magnus, projet réunissant le dj CJ Bolland au rockeur de dEUS, Tom Barman. De nouveau la
surprise, j'espérais un live et ce fut un dj set des deux acolytes, une déferlante de "boum tchak" techno agrémenté du flow de Tom, efficace sur le public présent après "Echo &…".
Enfin,
avant de terminer cette deuxième journée, on refait un passage dans le hall "House" ou joue Kid Loco. Et là, la claque ! Alors que DJ Cam faisait le plein, soudainement presque plus personne, à peine une dizaine à se remuer sur
la House du Français. L'incompréhension, d'autant que le hall dub ne contient pas plus de monde. Peut-être que la plupart du public est reparti vers Magnus pour terminer la soirée de l'Open air stage.
Alors que la plupart des festivaliers ont sans conteste dansé jusqu'à bout de la nuit et se reposent donc, Adrian
Bouldt a la dure tâche de débuter cette troisième journée. Mais quel délicieux réveil. Ainsi, on s'émerveille de la fabuleuse voix "soul" de Delphine. Leur deuxième album "Places for Love" vient de sortir et on ne peut
s'empêcher de penser, au vu de l'heure où ils jouent, qu'ils auraient mérité mieux comme horaire, tant la douceur et la mélodicité des chansons aurait dû trouver public plus nombreux. Adrian Bouldt, première émotion (trop courte) de la journée.
Au tour de la scène extérieure de s'ouvrir et de très belle façon puisque le déjà
proclamé "grand groupe" Montevideo est présent. Les Bruxellois produits par John de Ghinzu l'ont joué très rock. 40 minutes live avec des chansons incisives, directes et tout à la fois dansantes, rappelant le rock new-yorkais
des Radio 4, The Strokes, The Killers et autres. Le plus étonnant n'est pas la légère ressemblance du chanteur avec Mick Jagger ou Gaz Coombes mais l'énergie déployée avec attitude, s'il vous plait, faisant de ce court concert un moment intense de rock. On reste
dans le rock incisif avec
Kill The Young qui prendra la relève. Des mélodies directes, accrocheuses à
l'instar de leur premier single "The origin of illness". Excepté un aspect langoureux, le groupe pourrait avoir la même destinée que Muse avec ce côté plus rock.
Marc Huygens de
Venus fut étonnant par son ouverture, n'hésitant pas à "titiller" le public avec l'équipe
d'Anderlecht, demandant en fin de concert si nous n'étions pas trop fâché de l'allusion aux champions de Belgique. Oui, ils sont à Liège, pays du Standard. Peut-être, est-ce le lieu qui a permis cette proximité. Et pour ce qui est de la performance, rien
à redire, c'était parfait. Leur magie musicale opère toujours, même si le dernier album "The red room" est plus électrique. Le public ne s'est pas trompé, il fallait être là pour Venus.
Eté 67, de retour du Québec, avant Dour et la Rochelle, les voici chez eux pour défendre à nouveau cet
album francophone. Le vinyle "Sergent Pepper's…" des Beatles trône à côté du batteur, le chanteur invitera sur scène un responsable d'une association œuvrant en Argentine, le groupe jouera son registre habituel passant par "Le Quartier de la
gare", "Sens unique", "Les pilules", "Tu n'es pas là" ou encore la reprise du Velvet Underground " I'm waiting for the man".
Me
voilà encore surprise, cette fois par Dominique A, leader d'une génération d'auteur compositeur quelque peu "en marge", il se révèle d'autant plus cette année, grâce à son dernier album "L'Horizon".
Surprise, car Dominique A, c'est un peu l'homme à la guitare et là, lors des Ardentes, le voilà accompagné de musiciens, entouré d'un batteur, d'un claviériste, d'un joueur de hautbois, saxophone et autres instruments à vent pour un concert qui remue
pas mal. Emballant, envoûtant, on en redemande.
Malibu Stacy, l'autre groupe du moment en Belgique. Avec leurs mélodies "power pop" accrocheuses,
comment ne pas succomber? Tous auront repris le refrain de "Los Angeles". Là aussi les membres du groupe auront fait preuve d'énergie, bougeant d'un coin à l'autre de la scène, sautant dans tous les sens. Dave, le chanteur s'amusera tant sur scène, à
nous parler en anglais de leurs chansons, à lancer une invitation à l'amour via "Grasshopper Green" en version quelque peu relevée, à demander au public un coup de main : "Là, je vais avoir besoin de vous... je sais que vous avez besoin de moi mais
c'est à vous maintenant... quel prétentieux" concluera t'il.
Nous sommes de retour dans le hall pour Coco Rosie.
Comment était-ce ? Un enchantement ! Merci ! Mille fois merci aux organisateurs d'avoir fait venir ces demoiselles pour un moment... U-N-I-Q-U-E. Comme on aimerait les revoir ! Un univers particulier, soulevé par les voix, haute en médium et si particulières des chanteuses,
relevé par des bruits de boites à musiques ou de jouets d'enfants et soutenu par des projections de vidéos personnelles. Un pur bonheur, une claque au visage, un apaisement. Ce qui est d'autant plus incroyable, c'est que ces demoiselles ont des fans dans la salle. Il faut comprendre
que Coco Rosie n'est pas le groupe qui passe tous les jours en radio (dommage), n'a pas ce qu'on peut appeler un format populaire mais pourtant, j'ai été surprise de voir que le public connaissait les chansons, applaudissant l'arrivée de certaines. Autre chose d'inattendu, c'est
que le groupe a également attiré la présence d'enfants, aux premiers rangs, devant les barrières et même sur scène. 
Fort d'un nouvel album "The weight is a gift", acclamé par la critique, Nada surf assume tout autant son "Popular", n'hésitant pas à le chanter dès le début du concert mais assure aussi la promo du dernier album avec
"Always love", premier single ou encore "What is your secret", fait un détour par l'avant dernier album "Let go" avec cette chanson en français " La Pour ça".
La finale de foot vient de commencer, retransmise nous dit-on sur écran géant, retour au Hall pour The Nits.
Non,
je n'y crois pas, ils n'ont quand même pas mis le match de foot sur l'écran derrière les artistes? Heureusement, ce n'est qu'un décor apprêté par le groupe où, justement quand nous arrivons, est projeté un but et un ballon allant directement dedans.
Les Nits font preuve d'humour. Un concert un peu brouillon au départ, comme si, alors que le groupe joue, les roadies installaient le matériel sur scène. Une fois établit, le groupe secondé par le public reprendra en cœur "Adieu Sweet Bahnhof". Les Hollandais
restent, pour moi, un grand groupe de pop. Malheureusement, il me faut quitter plus tôt car du côté de la scène principale, c'est l'effervescence : renforcement de la sécurité pour l'accès photos, contrôle à tout va de la carte d'accès
et nouvelles directives pour les photos d'Indochine.
Est-il besoin de dire quelque chose d'Indochine ? Concert parfait,
bien rodé, la machine a gagné ! La majeure partie du public était là pour eux. La scène leur avait été préparée spécialement et il n'y a que la finale de foot qui est venue perturber le timing. Un moment épique il est vrai.
Alors que les "bouuuuuh" étaient réservés aux joueurs français et que les "aaaaaahhh, waiiiiiii" étaient pour les Italiens, il a fallu la séance des tirs au but pour départager les équipes. Bizarre il est vrai de parler de foot
dans une chronique musicale. Indochine, heureux d'être là, venus soutenir la première édition des Ardentes, a donc joué une demi-heure plus tard que prévu mais le public était aussi là avec leurs drapeaux français et surtout italiens, leurs
tatouages "forza Italia", leur maquillage vert-blanc-rouge sur les joues. Un temps pour tout, certains non footeux, s'impatientaient du retard du concert scandant "et un, et deux et Indochine". La délivrance est venue du coup de pied de Marco Materazzi. Le concert peut enfin
commencer. Mais, au final, qui a reçu le plus d'applaudissements, l'Italie ou Indochine ?
Galerie photos
Vendredi 7 : TTC / Modeselektor / Sven Väth / Blackstrobe
Samedi 8 : My Little Cheap Dictaphone / Zita Swoon / Echo & The Bunnymen / Magnus, Kid Loco, DJ Cam
Dimanche 9 : Adrian Bouldt / Montevideo / Kill The Young / Venus / Eté 67 / Dominique A / Malibu Stacy / Coco Rosie / Nada Surf / The Nits / Indochine
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Modeselektor |
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Sven Väth |
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Blackstrobe |
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My Little Cheap Dictaphone |
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Zita Swoon |
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Echo & The Bunnymen |
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Magnus, Kid Loco, DJ Cam |
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Adrian Bouldt |
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Kill The Young |
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Eté 67 |
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