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Le 14 juin dernier, assis à une table de la “Taverne Central” (que nous remercions au passage) au cœur du quartier chaud de Liège, Balo et Pavé n’ont pas manqué de répartie pour répondre à nos questions durant une heure...
Balo (B), Pavé (P)
Entre le premier album et “Survivant”, il s’est passé beaucoup de temps, pourquoi ?
P : Déjà, quand tu sors un album, il a une durée de vie de plus ou moins deux ans, deux ans d’exploitation pendant lesquelles tu fais beaucoup de concerts, de promos, etc. Mais également parce que la vie est une dure lutte et que nous luttons au quotidien.
B : Oui et c’est peut-être aussi pour cela que l’album s’est appelé Survivant. Nous sommes passé par beaucoup d’étapes, personnelles ou même au sein du groupe. Ce qui a fait que nous avons pris le temps de travailler. Ensuite, la préparation de l’album nous a pris entre un an, un an et
demi, voire deux, je ne sais plus exactement... L’album était normalement prévu pour octobre 2000 mais il a été reporté à mars 2001 Ce sont les aléas qui font que le laps de temps est nettement plus long et qu’il n’a été fini que l’été dernier. C’est vrai que ce serait bien que le troisième album ne mette pas autant de temps à sortir même si je crois qu’il faut sortir un album quand il est prêt. Je ne sais pas si nous pourrions être précis : faire un an de tournée, un an d’enregistrement et ainsi de suite. A ce rythme, tu te retrouves vite déconnecté de la vie, du monde et c’est surtout cela qui t’inspire. D’ailleurs, c’est peut-être ce qui fait, qu’à un moment, certains artistes de qualités sortent des albums décevants, parce qu’ils n’ont pas pris le temps de trouver leurs repères et de vraiment se sentir à l’aise avec leur vie. Et la musique, c’est le reflet de ta vie.
Si le Rap belge est plus populaire, c’est un peu grâce à vous... Vous avez quand même permis au rap d’être plus entendu et cela va peut-être déclencher des envies de la part d’autres personnes d’autres groupes, d’autres jeunes ?
P : C’est en tout cas ce que nous souhaitons. Maintenant, dire que c’est grâce à nous, je pense que c’est un peu prétentieux. Même avant Starflam, il y avait déjà des gens qui faisaient du Rap en Belgique, je pense à "BRC" il y a bien longtemps, le "RAB Crew" ou "CNN". Peut-être que Starflam a effectivement l’occasion d’être un peu plus sur le devant de la scène pour l’instant, mais il y a beaucoup de groupes qui travaillent toujours et qui ont toujours travaillé.
Qu’est-ce qui fait alors, que Starflam est devenu plus reconnu que d’autres groupes?
P : Je crois que c’est le fait d’avoir signé sur une “major”. Ainsi, tu as une plus grosse machine derrière toi, qui va mieux travailler ton produit, je crois que c’est dû à cela.
B : C'est aussi dû au fait que nous avions déjà un premier album derrière nous et une bonne réputation, nous avons essayé de faire un maximum en étant sur une structure indépendante. Egalement, comme dit Pavé, le fait d’avoir une “major”. Même si ce n’est pas un gage de réussite ou de succès pour un groupe, je crois qu’il y a pleins d’artistes qui peuvent contredire cet adage. C’est surtout le fait d’être encadré, d’avoir des gens qui sont motivés, et disposés à travailler. Il faut aussi présenter un produit qui peut intéresser les gens. A un moment, ça devient juste “un disque qui intéresse les gens ou pas”. Je crois que si un présentateur radio n’est pas intéressé par ton produit, que tu sois chez EMI ou chez un indépendant, il n’est pas intéressé... nous l’avons vu, même avec cet album ci, même avec un single comme "La Sonora". Il faut que les gens adhèrent. En dehors de cela, il y a une question de timing et je crois que pour plusieurs raisons, nous sommes actuellement dans un bon timing. Nous sommes à une époque où Funky Family est numéro 3 des ventes depuis 2 mois, ce qui n’aurait jamais été le cas il y a 3 ans... Je pense qu’au niveau des cultures, de la culture et de l’état d’esprit des gens, il y a quelque chose qui a changé. Cela permet que les gens soient plus réceptifs par rapport à une musique comme le Hip-Hop, ce qui n’était pas le cas avant... Cela nous permet également de nous frayer dans la brèche et d’essayer de trouver un public à nous. Il y a plusieurs facteurs qui interviennent...
Mais tu parlais de major... pour vous, une major c’est simplement la liberté d’avoir les moyens financiers peut-être?
B : Dans l’absolu, je crois que trouver une maison de disques, c’est la même démarche que quand tu as envie de construire une maison et que tu vas demander un prêt. C’est exactement la même chose ! Donc, le mec regarde si tu arriveras au bout de ta maison, jusqu’à quel moment tu pourras lui rembourser ses investissements. C’est également ce facteur là qui est en jeu, ils investissent de l’argent pour que tu leur en rapporte et pour que tu puisses te développer. Parce qu’une chose est sûre, tu ne gagnes pas ta vie grâce à la vente des disques ! Ce qui te permet de gagner ta vie, ce sont les concerts, le merchandising, c’est tout ce qui gravite autour du produit. Fondamentalement, une “major”, c’est comme une banque... avec de temps en temps, quand tu es bien encadré, des gens qui veulent que leurs investissements soient le mieux amorti.
Tu vois vraiment une maison de disque comme une banque ?
B : Oui, c’est tout à fait la même chose. Une maison de disque, c’est une banque qui ne fait pas confiance à certains artistes, à des artistes sans bagages derrière. Il y a des gens qui ne signent pas certains artistes à cause des barrières, que ce soit linguistiques ou autres. Il y a beaucoup de facteurs qui font que certaines maisons de disques ne travaillent pas pour toi, ne te promotionnent pas, même si tu as du talent.
Vous croyez alors que Capitol-Emi vous a signé simplement parce que vous aviez déjà un premier album qui avait bien marché ?
P : En fait, c’est un peu différent dans le sens où nous sommes partis de chez Warner avec un album déjà enregistré. Donc, déjà, Capitol-EMI a signé et investi de l’argent dans un produit qui était déjà fait. Ce n’est pas, comme s’ils avaient investi alors que nous devions encore aller en studio pour réaliser tout l’album. Il était déjà fait donc ils savaient dans quoi ils mettaient leurs argents, je crois.
Vous ne craignez pas qu’en tenant de tels propos sur les multinationales du disque, vous ayez votre C4 ?
P : Tant que nous vendrons des disques, nous n’aurons
pas de merci. Nous sommes dans une logique de rentabilité, donc tant que tu
vends des disques, tu peux dire ce que tu veux, en gros. 
B : Notre position par rapport aux maisons de disques se fait au niveau des gens qui y travaillent et qui bien souvent, malheureusement, sont dans la musique comme s’ils étaient dans l’automobile ou dans les intérims ou dans l’assurance, c’est exactement la même chose.
P : Avant de signer avec une multinationale, que ce soit chez Warner ou EMI, nous signons avec des individus, avec un interlocuteur qui semble vraiment motivé par ce que tu fais
et qui te fait sentir qu’il aura envie de travailler avec toi. Avant d’être monsieur EMI ou Warner, c’est d’abords un individu.
Avec tous ces “featuring”, qui est quelque chose de propre au Rap, j'ai l’impression que le Hip-Hop est une bande d’amis sans limites et sans frontières ?
B : Pas spécialement. Le problème, c’est que ces cinq dernières années, le principe du featuring a été quelque peu dénaturé et exagéré à outrance. C’est à dire que maintenant, certains artistes invitent d’autres artistes pour gagner de la crédibilité, pour intéresser un public, pour que les fans de ces autres artistes se retournent vers leur produit. Au départ, le featuring, c’était vraiment une rencontre entre soit un artiste que tu admires, soit un artiste avec lequel tu trouves intéressant et surprenant de collaborer. Dans le temps, tu avais Ice Cube qui rencontrait Public Enemy et qui faisait un morceau. C’était la rencontre, le résultat qui allait intéresser les gens. Et c’est ce que nous avons essayé de faire : avoir des invités inattendus et en même temps retirer une nouvelle expérience.
Concernant tous ces artistes belges que vous avez invités, j’avais l’impression que vous essayiez dans votre album de représenter le paysage musical belge ...
B : Absolument pas, nous essayons de représenter Starflam, ce que nous aimons et ce que nous sommes. Nous n’essayons pas d’être les représentants du Rap belge. Nous sommes représentant du Rap de Starflam et par extension, d’un Rap liégeois mais ça s’arrête là. Ces collaborations se sont faites naturellement parce que ce sont des gens que tu côtoies, qui ont du talent et qui t’apportent quelque chose en plus. Au niveau des invités purement Rap, dans Starflam, nous sommes déjà cinq MC (Maître de Cérémonies=rappeur. Ndlr) donc ça laisse peu de place pour d’autres intervenants au micro. Par exemple, pour les titres “Sous pression” et “Amnésie International”, nous cherchions un chœur féminin, quelqu’un qui avait une voix avec un caractère différent de ce qu'on entend d’habitude quand il y a un refrain R&B. Miguel avait travaillé avec Marie Daulne et il s’est avéré qu’elle était justement disponible à ce moment là et que cela pouvait fonctionner. Nous n’avons pas essayé de calculer, de nous dire que nous allions faire une représentation de la Belgique. Sinon, nous aurions invité dEUS, Sttellla et Blabla pour 2 ou 3 interludes... et maintenant, Malvira aussi.

P : En fait Les invités de notre album sont des gens que nous avons croisés soit en concert soit que nous avons côtoyés quelques temps. Par exemple, DJ Mig One a fait la tournée avec Zap Mama et naturellement, quand nous avons voulu une voix féminine, nous avons pensé à Marie Daulne. Quant à Arno, nous ne l’avions jamais croisé et nous sommes allé le trouver un jour à son concert parce que nous aimons vraiment bien son travail.
Que pensez-vous du Rap belge en général ? Est-ce que vous trouvez qu’il s’adapte mieux au marché maintenant ?
B : Le Rap pour moi n’a qu’une seule chose à faire : rester lui-même, rester fidèle à ce qu’il est : un Hip-Hop fait de cœur, énervé, plein de revendications et en même temps très recherché, très fin et travaillé. Le Hip Hop Belge se doit de rester ce qu’il est, c’est vital. Il ne faut pas attendre, et c’est déjà le cas, que les médias s’intéressent à lui. Il est temps que l’on se développe par nous même et nous n’avons pas besoin, tant que maintenant, d’avoir toutes ces structures là. On doit d’abord les développer par nous même pour pouvoir mieux les contrôler par après.
Existe t-il des rivalités entre les groupes de Rap en Belgique ?
P : Je crois que, dans le Hip-Hop à la base, il y a de la rivalité. C’est cela qui fait que le “truc monte” mais je crois que c’est une rivalité saine parce que c’est toujours dans l’optique d’améliorer les choses. Oui, c’est effectivement une espèce de rivalité, mais qui est très saine puisque c’est pour que le Hip Hop Belge évolue et se développe.
Que pensez-vous des femmes qui font du rap ?
B : Dans l’absolu, je trouve que c’est assez positif parce qu’il n’y a pas de discrimination sexuelle dans le Rap. Je crois qu’il n’y a pas de raison qu’une femme ne puisse pas faire du Rap, que ce soit de la production ou simplement être acteur dans le mouvement Hip-Hop. Je peux comprendre que c’est plus difficile pour une femme parce qu’évidemment, il y a énormément de compétition et entre guillemets, je dirais “des a priori” sur les compétences mais c’est quelque chose d’inhérent dans la musique et de toute façon, dans l’art en règle général. Il y a des artistes féminins qui prouvent qu’on peut faire du rap de qualité en étant une femme, je peux citer Missy Elliot, Lil Kim, Lauryn Hill, elles sont nombreuses. Mais même en dehors du Hip Hop, il y a beaucoup de femmes qui font cela très bien. Je crois que le problème, c’est qu’en France, les exemples qu’on a eu étaient du rap féminin mais avec une attitude très masculine et je crois qu’on recherche autre chose. Par exemple, chez Kiaste, chez Lady Lestee et beaucoup d’autres, elles ont un côté trop masculin et je crois que ce serait plus intéressant que la féminité soit mise en avant. Un discours en tant que femme, je trouve que ce serait nettement plus intéressant.
Au niveau de la Belgique, as-tu des exemples à nous donner
B : J’en connais une à Bruxelles, elle s’appelle Aisha mais cela fait un an, un an et demi que je n’ai plus rien entendu d’elle. Il y a aussi Lady N, mais c’est la même équipe. C’est difficile mais ça se développe. Je crois que dans la nouvelle génération, il va également y avoir des filles qui pourront faire du Rap et même très bien.
Quand vous avez réalisé le premier album,
la moyenne d’âge du groupe était de 18-19 ans, est-ce que ce nouvel album “Survivant”
est celui de la maturité ? 
B : En fait, je n’aime pas tellement cette expression d'“album de la maturité”. Cela signifie que nous sommes arrivés à notre paroxysme, à notre zénith et que nous ne pouvons pas aller plus loin! Non, c’est comme si tu me disais : “A 23 ans, je me sens au sommet de mon âge”. Non, absolument pas !
P : De plus, “album de la maturité”, cela impliquerait que le prochain serait un album de vieux, un album de grabataire... Mais dès maintenant, nous sommes en train de penser au troisième album parce que nous savons qu’il va falloir encore une fois monter le niveau et que le challenge sera encore plus grand.
Survivant se place pourtant dans la continuité du premier album...
P : Oui, pourtant parfois, il y a des gens qui nous disent sur Internet, via de nombreux E-mail, qu’ils préféraient le premier album. Pourtant, nous avons vraiment le sentiment d’être dans la continuité du premier, de ne pas avoir changé de style.
Musicalement, vous avez placé la barre assez haut, vos mélodies sont vraiment sublimes !
B : C’est grâce à DJ Mig One, c’est lui qui compose toutes les musiques et ce qui fait sa particularité, c’est qu’avant d’être un passionné de musique, un vrai mélomane à l’extrême, il est surtout très éclectique. Pour lui, chaque disque est utilisable et dans chacun, il pourrait trouver quelque chose, un élément intéressant pour sa musique que ce soit un “charley”, un accord de guitare. Tout est utilisable et c’est cet éclectisme qui le fait passer du Rock au Blues en passant par la Salsa, le Funk ou l’Electro sans limite, même en passant par des artistes plus contemporains. Il ne se limite pas, il voit surtout la musique avec des couleurs, il évite tout ce qui est dissonance, etc. Il a vraiment une perception de la musique très mathématique et très colorée et c’est dû à ses études de dessinateur.
D'ailleurs, vos mélodies pourraient s’adapter à tout style musical...
B : Dernièrement, il a travaillé avec An Pierlé et il va continuer à collaborer avec d’autres groupes. Il va vraiment s’ouvrir, travailler avec des gens de styles complètement différents. Personnellement, à 18 ans, je n’aurais jamais écouté un disque de Zita Swoon, je ne m’y serais jamais intéressé si je n’avais pas été dans Starflam. Je n’aurais pas découvert des concerts et des musiciens de styles complètement différents mais qui ont la même passion que nous et la même façon de voir la musique. Nous avons tous appris l’ouverture d’esprit.
Peut-être est-ce aussi le fait d’être sept dans le groupe, vous avez des goûts musicaux diversifiés et vous partagez cela ensemble...
P : Tout à fait, nous sommes sept personnalités différentes avec des vécus et des background différents et même des intérêts différents. Mais ce qui nous unis, c’est l’amour du Hip-Hop et c’est vraiment ça la meilleure définition de Starflam.
B : Mais parfois, c’est pour mieux revenir en fait. Franchement, je n’aurais jamais cru que j’aurais pu écouter un disque de Nick Cave, de dEUS, aller voir un concert de Rock ou dire que “At The Drivin’”, c’est vraiment terrible... alors que c’est à l’antipode de ce que je peux écouter. Pareil pour les musiques électroniques, tout ce qui se fait en France. Ce sont les autres qui m’ont appris à apprécier ces musiques là également. Donc, c’est intéressant et ça te permet de revenir au Rap, enrichi. Le Rap reste notre truc mais la diversité t’enrichit, t’amène d’autres choses.
Comment avez-vous rencontré avec Mario Rodriguez ?
B : La rencontre avec Mario Rodriguez... c’est au départ pour monter le niveau. C’est également un des avantages de signer sur une “major”. Nous avons les moyens pour pouvoir travailler avec quelqu’un comme Mario Rodriguez qui, en comparaison avec tous les mixeurs étrangers et par rapport au barème de prix d’un ingénieur du son, est quelqu’un qui ne coûte pas spécialement cher. C’est quelqu’un qui, par le passé, a réalisé des albums majeurs en Hip-Hop, que ce soit le premier Notorious Big, Mary J.Blige ou même en France, les deux premiers albums de Fonky Family ou encore Rocca. Il a vraiment un bagage musical dans lequel nous nous retrouvions parfaitement.
P : En plus, il est Colombien et il a déjà mixé de la Salsa. Comme notre DJ est aussi Colombien et très intéressé par la Salsa, le feeling est vraiment bien passé entre eux.
Outre le fait d’élever le niveau, que vous a-t-il apporté par rapport à l’album précédent ?
P : Son savoir-faire, vraiment.
B : Et une façon de travailler beaucoup plus ouverte, plus spontanée. Il mixe en une journée et il laisse vivre le morceau même s’il y a des imperfections. Il veut qu’il y ait de la dynamique. C’est d’ailleurs ce qui ressort dans l’album au niveau du son. Je crois qu’il met un maximum d’ouvertures dans la musique, ce qui allège le tout et rend l’album plus dynamique au final.
Certaines personnes pensent que “La Sonora” ressemble à du Rap de variété, c’est voulu ?
P : Absolument pas, ce n’est pas voulu. Encore une fois, avec Starflam, nous ne calculons rien. Nous ne nous disons pas que nous allons faire le single de l’été, que nous allons faire du Rap pour la Belgique ou représenter le Rap. C’est DJ Mig One qui, un jour, a sorti ce beat là de son sampler et puis la dessus Balo a enchaîné...
B : Oui, je lui ai dit que c’était hyper rapide, c’est 110 Bpm, ce qui n’est vraiment pas la vitesse courante dans le Hip-Hop. Maintenant, on y revient de plus en plus. Au moment de créer “La Sonora”, nous ne savions pas du tout vers quoi nous nous dirigions. C’est comme “Bled Runner” c’est “Electro” mais au moment où nous l’avons créée, c’était un an, un an et demi avant le retour à la mode de l’“Electro Rap”. Nous l’avons fait au feeling, sans calculer, sans se dire que ça va passer pour du “Orishas”, pour ceci ou cela. C’est un challenge, la musique est arrivée, nous nous sommes dit : “Pourquoi pas !” et nous avons écrit dessus.
P : Et même, par rapport au premier album, il y avait déjà un morceau comme “El Diablo” avec, déjà, une sonorité latine. Donc, ça fait vraiment partie de l’univers musical de notre DJ qui écoute autant de Salsa que de Hip-Hop. Ce n'est vraiment pas un truc calculé.
Ce titre rassemble pourtant un public très large, même si on n’est pas fan de Rap...
P : Oui parce qu’à la base, tu fais de la musique pour qu’elle soit écoutée le plus possible. Si juste grâce à ce morceau, les gens écoutent tout l’album de Starflam, c’est super, c’est parfait.
B : Par rapport à cette chanson et c’est pour cela que nous assumons tout à fait que ce soit le premier single, même si la musique peut paraître évidente, les paroles ne le sont pas et le refrain est représentatif de l’idée que nous voulons véhiculer avec cet album, c’est à dire : “En ces temps imparfaits, ta vie est ce que tu en fais”. C’est vraiment l’idée principale de notre album : si tu ne bouges pas pour ta gueule, personne d’autres ne le fera à ta place ! Que tu le dises sur un rythme rapide, à consonance Hispanique, pourquoi pas, pour autant que notre position et notre idée principale passent, pour nous, c’est parfait.
Amnésie Internationale est un titre faisant référence à Amnesty International, qui est un peu critiqué ...
B : Ce n’est absolument pas contre “Amnesty International”. C’est par le jeu de mot qu'on se permet de dénoncer le fait, justement, qu’on accepte dans l’entendement général, que l’histoire se répète et que la mémoire collective fasse abstraction de certaines choses qui se répètent depuis des siècles.
P : En fait, la bougie d’“Amnesty International” est un peu, pour nous dans cette chanson là, le symbole de la bonne conscience occidentale. Mais ce n’est absolument pas “Amnesty International” que nous voulons juger. Je crois que ce sont vraiment des gens qui font de bonnes choses pour que ça bouge dans le monde. Ce n’est vraiment pas eux que nous avons voulu viser dans ce morceau là, c’est plutôt la bonne conscience occidentale. Nous ne remettons pas Amnesty International en cause directement mais plutôt les gens qui vont allumer une bougie par an et qui croiront avoir fait leur bonne action annuelle. J’estime qu’il ne faut pas se limiter à cela.
B : Absolument, C’est comme les paroles de notre chanson : “Défilé Bastille-Nation donne bonne conscience aux cons”, c’est ça. Je crois qu’investir 50 francs par année, ça te permet d’avoir bonne conscience par rapport à un tas de truc mais est-ce suffisant ? Est-ce ça qui te fait oublier qu’il y quand même des inégalités ? Non, je ne pense pas !
Vous avez d’ailleurs participé, avec d’autres artistes belges, à un concert en faveur de cette association ? Je suppose que cette participation rentrait dans votre idéologie...
B : Oui mais ce n’est absolument pas pour être politiquement correcte.
P : D’abord, c’est parce que nous étions invités par Arno qui nous a proposés de jouer là-bas. Et quand Arno t’invite, tu dis oui, a fortiori quand c’est pour Amnesty International...
Que pensez-vous de Louis Michel qui a décidé de mettre à l’ordre du jour de la rencontre avec G.W. Bush (lors de sa visite en Belgique) les questions sur l’Afrique Centrale. D’autant plus quand on connaît les positions du Président Américain ?
B : Moi, je trouve cela vraiment bien, “mortel”, big up à Louis Michel ! Pourtant, je ne l’aimais pas du tout avant, mais là... Au moins, il a le mérite de prendre position, d’avoir un avis et pour cela, je le respecte. C’est important, par rapport au pays d’Afrique Centrale… et même par rapport à la Belgique et aux autres pays tels que les Etats –Unis. Il est plus que temps de laisser tomber les dettes des pays africains et des pays d’Amérique du Sud. Au début de ce nouveau millénaire, il faut que l’on remette les pendules à zéro. Mais une fois de plus, l’Histoire a une mémoire sélective car elle se rappelle de la dette en chiffres, mais pas de l’autre dette ! Ce n’est pas pour faire encore de la surenchère et sortir les violons mais, je ne comprends pas comment en 2001, on puisse encore réclamer une dette à l’Afrique.
P : S’il y a dette, je pense que ce serait plutôt dans le sens inverse. Ce sont les Occidentaux qui se sont enrichis pendant tout le temps des colonisations…
Vous avez participé à une compilation “Sachons dire non” de Monsieur R, comment cela s’est fait ?
B : Monsieur R est au départ un des membres fondateurs des “Malfrats Linguistiques”, vraiment à la genèse du groupe. Il nous a réinvité sur ce projet et connaissant la position du groupe par rapport à cela, il était tout à fait logique pour nous d’y participer.
Le racisme était un des thèmes de cette compilation, comment avez-vous envisagé d’aborder ce sujet ?
B : Ce n’est pas spécialement le racisme, c’est “sachons dire non” pas seulement au racisme mais à un tas d’autres choses comme les bavures policières, le laxisme de la jeunesse. C’est “Sachons dire non” à l’état d’esprit, le climat, dans lequel nous vivons en ce moment. Le thème de la compile était assez ouvert, en fait.
Vous pouvez nous expliquer ce que vous entendez par la phrase : “On est pas des gens violents mon frère, seulement sur la défensive” ?
B : Je pense que ça s’explique de soi-même. En fait c’est plus personnel, c’est vraiment en réaction par rapport à un vécu…j’essaye de me défendre comme je peux. Il y a des moments où tu essayes de survivre, de te défendre comme tu peux et parfois, l’agressivité peut être une façon de te défendre et peut être même plus une carapace qu’autre chose. Parfois, je suis agressif mais je me défends en fait… je suis peut-être aussi distant, méfiant, tout dépend, c’est à plusieurs niveaux. La distance est aussi une façon de se protéger d’un tas de chose dans les relations.
On a pu voir que MCM France avait réalisé des reportages sur vous, comment se fait cette arrivée en France le contact avec le public français ?
P : Nous avons eu l’occasion de faire plusieurs dates en novembre avec Assassin dans le sud de la France, à Toulouse, Montpellier et Marseille. A chaque fois, nous avons été surpris ! Nous montions sur scène et dès le premier morceau, on s’apercevait que les gens connaissent Starflam. L’accueil est excellent, cela nous a fort surpris et fort agréablement étonné. De même quand nous avons joué à l’Olympia, le premier juin avant Assassin. Chaque fois, nous avons reçu un bon accueil donc pour l’instant, on se dit que nous avons envie de faire plus de concert en France.
Le Rap français a vraiment perdu en qualité et j’ai envie de penser que Starflam est l’avenir du Rap français, francophone, j’ai raison de le croire ?
P : redJe crois que c’est un peu tôt et même présomptueux de dire que nous représentons l’avenir du Rap français. Par contre, ce qui est certain, c’est qu’effectivement le marché Rap en France est un marché plus proche de la variété que du Hip-Hop. Et dans la mesure où, avec Starflam, nous faisons du Hip-Hop, effectivement, les Français fans de Hip-Hop vont peut-être se retrouver dans Starflam. Je trouve que le marché en France s’approche plus de la variété en comparaison au marché des Etats-Unis qui est réellement Hip-Hop ou même, plus proche de nous, en Allemagne. La culture Hip-Hop est présente depuis des années et des gens comme Jay-Z vendent 250.000 disques.
Qu’est ce qui te fait dire que le Rap français est plus proche de la variété ?
P : Je crois que c’est lié à la culture même de la chanson française en général. En fait, je crois que ce qui s’est passé, moi qui vois cela avec mes petits yeux de Belge, quand je regarde le marché français, je me dis qu’à un moment donné il a explosé. Les maisons de disques se sont alors mises à signer des groupes de Rap à tort et à travers. Ensuite, comme dans tout marché, ça s’est stabilisé et on a pu se rendre compte qu’il y a des gros vendeurs et des moins gros vendeurs. Maintenant, le nouveau truc des maisons de disques est de se dire : “on va au moins sortir un tube”. Le meilleur exemple, c’est Yannick ! C’est vraiment être dans une logique de rentabilité et de maison de disques.
Vous n’avez pas l’impression que le marché français délaisse les productions belges ?
B : Ce n’est même pas qu’il les délaisse, c’est qu’il s’en foute complètement. En dehors de cela, quand tu regardes la France, c’est un truc “Parigo-Parisien”. C’est uniquement axé sur Paris, l’exception étant Marseille. Ce qui est dû, pas uniquement au Rap mais à un truc culturel, une compétition Marseille-Paris qui a toujours existé et que tu peux retrouver dans le foot, dans l’art, la culture. Ce qui fait que ces deux pôles sont les plus représentés. Le problème est que, tant que maintenant, tu ne peux pas me citer 17 groupes de Lyon, de Lille, de Bordeaux et pourtant ils existent ! Il y a bien un malaise quelque part et ce n’est pas uniquement dû au fait d’être Belge même si, je ne vais pas te mentir, le fait d’être Belge est une barrière pour certaines personnes qui estiment que leur marché est suffisant, qu’ils ont assez dans leurs réservoirs que pour devoir écouter du rap Belge. C’est vraiment un raisonnement ridicule et j’espère que cela va changer. Il y a aussi des gens en province ! Les Parisiens estiment la province comme “le bas peuple”, “la plèbe” mais “la plèbe”, elle fait quand même 50 millions d’habitants! Dans un pays qui en compte 60 millions, il faudrait recalculer cela différemment.
C’est un peu le problème des pays géographiquement grands et dont la capitale occupe une place importante au niveau européen ?
B : Mais dans un pays comme la France, l’Espagne, ou l’Angleterre c’est culturel et cela reste vraiment ancré dans l’esprit des gens. Ce sont des pays qui, dans le passé, ont eu un tel pouvoir…Et dans ces pays là, ils ne s’intéressent pas à ce qui vient de l’étranger. Très peu de gens en France sont intéressés par les langues étrangères, en Espagne idem. Très peu d’Anglais sont intéressés par ce qui se passe en dehors de chez eux tellement leur culture est forte. Ce qui fait que ces gens sont assez hermétiques à ce qui n’est pas de chez eux et cela se ressent encore dans la musique. Ce n’est pas le cas de la Belgique et c’est pour cela qu’elle s’ouvre un peu partout aux cultures germaniques, anglophones, françaises…
Fin mai, Hooverphonic donnait un concert à Londres. Serge Wangneur, un journaliste de la RTBF présent là-bas a jugé que l’accueil était froid. Ensuite, il a fait un mini sondage auprès des gens pour leur demander s’il connaissait K’s Choice, Deus et Soulwax mais apparemment personne ne savait que ces groupes étaient belges.
B : Il faut que l’on arrête de replacer les gens par rapport au pays d’où ils viennent. Il faut que ce soit juste de la musique. Au final, c’est un disque qui est bien ou qui ne l’est pas.
Vos textes sont assez virulents sur l’environnement social et surtout sur Liège ?
P : Nous parlons de ce que nous vivons tous les jours et je vois mal comment nous pourrions faire des chansons édulcorées en vivant à Liège et en voyant tout ce que nous voyons, tout ce que nous vivons tous les jours.
Vous êtes Liégeois, vous le revendiquez dans quelques chansons mais on a un peu l’impression que vous aimez parler de Liège mais que finalement ce n’est pas si bien que cela Liège ?
P : Qui aime bien châtie bien. Mais pour rien au monde je ne voudrais habiter ailleurs qu’ici, en tout cas pour le moment parce que c’est une ville que j’adore. En même temps, c’est une ville où je vois chaque jour des choses qui ne vont pas du tout et auxquelles je suis confronté depuis que je suis jeune. J’ai grandi ici et j’ai vu des trucs qui ne vont pas du tout. Je préfère parler de ça aussi.
Qu’est ce qui, selon toi, ne va pas à Liège ?
P : Honnêtement, si je devais commencer, je ferais un programme électoral et j’irais aux prochaines élections. Mais vraiment, ce dont nous avons envie de parler, nous en parlons dans nos textes. Maintenant, te faire une espèce de constat sur tout ce qui ne va pas à Liège, ce n’est pas mon but dans la vie et ce n’est pas ma responsabilité. Dire : “Ca, ça va et ça, ça ne va pas, je pense que ce n’est pas à moi de le faire. Ce dont j’ai envie de parler parce que ça me touche, j’en parle dans mes textes.
Vous dites “Liège, Tox City”, effectivement, nous ne pouvons pas nier la présence de la toxicomanie mais n’y en a-t-il pas autant à Bruxelles, Charleroi, Namur ou dans toutes les grandes villes ?
P : Certainement mais ici à Liège, tu le vois parce que c’est au centre ville. Quand tu vas place Saint Lambert en pleine journée, tu trouves 50% de gens normaux et 50% de junk. Je ne comprends pas comment les pouvoirs politiques de la ville ne veulent pas faire un grand “nettoyage”. Effectivement, ce ne serait pas mieux, il y aurait toujours autant de toxicomanie mais tu ne la verrais pas...
B : Je voulais juste dire pour le terme nettoyage... c’est regarder ce problème de front. Regarder le toxicomane comme un malade et non comme un délinquant ou un trouble fête de la société. A un moment, il faut le voir comme quelqu’un de la société qui a besoin d’aide et ne pas le laisser s’enfoncer comme ça. Notre local où nous avons vécu 3 ans était situé dans le quartier tox et quand tu ne vois que des toxs, tu rebaptises ta ville “Tox City”. C’est un terme dans lequel tout le monde se retrouve. Cette rue de 2 km se trouve dans le centre ville et d’un extrême à l’autre, nous trouvons deux mondes totalement opposés. Quand tu vois cela, tu te dis qu’il y a un problème, tu te dis qu’il y a un malaise par rapport à l’économie, au business légal et illégal dans cette ville.
P : Par rapport même à la politique en matière de stupéfiant, je trouve que depuis toujours, il y a une hypocrisie monstrueuse. Je ne me lancerai pas dans un pareil débat, c’est énorme. Depuis des années, il y a une espèce de politique répressive qui ne fonctionne pas, il faut que ça cesse ! On a beau continuer cette répression, la came est toujours là, les junks aussi. Etant donné que la répression ne marche pas, il serait quand même temps de penser à d’autres solutions.
B : Quand nous parlons de Liège, le seul reproche qu’on pourrait nous faire, c’est de ne pas parler des gens “biens” de Liège. Mais, nous les mettons dans le livret. Dans le disque, nous faisons parler des gens qui ont du cœur, de la vie, des gens comme Nino T-Des, comme Skain. Nous faisons parler des gens de Liège que nous aimons, qui vivent et qui font vivre cette ville. Parler et décrire ce qu’il y a de négatif à Liège, où nous vivons tous les jours, nous paraît tout à fait logique. C’est notre quotidien... Depuis que j’ai 16 ans, je traîne dans le centre ville et je n’en ai rien retiré de bon. Quoi qu’il en soit, je ne peux que décrire cette réalité là.
P : C’est clair que nous parlons des mauvais côtés de Liège pour l’instant mais peut-être qu’un jour, nous ferons un titre sur les bons côtés. Jusqu’à présent, ce qui nous a touché le plus, ce sont les mauvais côtés.
Vous citiez Fonky Family, Assassin, etc. avez-vous des projets avec certains groupes français ?
B : Avec certains, oui. Dans l’immédiat, nous prévoyons de faire un truc avec un groupe qui s’appelle “La Caution”, sinon cela va se faire au gré des rencontres et des affinités, s’il se passe quelque chose.
Avez-vous l’intention de faire des projets solos, de faire de la production pour d’autres artistes ?
B : Pour l’instant, le plus important, à mon avis, est de solidifier les bases de Starflam qui, je crois, ne sont pas encore tout à fait établies. Nous devons d’abord établir quelque chose en tant que groupe. A l’heure actuelle, faire de la musique en tant que groupe, c’est aller à l’inverse, être complètement à l’antipode de l’imagerie qui nous est mise en avant. Ce serait justement rentrer dans le jeu des personnes qui voudraient gagner plus d’argent que de faire des projets solos même si dans un second temps, c’est également une perspective. Pour ce qui est des productions, c’est tout à fait possible actuellement mais avant tout, il faut solidifier les bases au sein de Starflam pour exister en tant que groupe.
P : Pour paraphraser Balo, je dirais que nous sommes
encore à l’orée du bois et que nous allons d’abord essayer de rentrer dans le
bois avec Starflam.>
Avez-vous l’intention de sortir une troisième Home Tape, prochainement ? Qu’est-ce que ça apporte de plus par rapport à un album ?
PAVE et B : D’office !
B : C’est juste une question de temps et dès que nous aurons le temps, nous mettrons une troisième en route.
P : Faire des Home-Tape ou Mix Tape, c’ est très courant dans le Hip Hop. Beaucoup de gens écoutent ou font des cassettes. Ca te permet de faire partager tes goûts musicaux, de poser des “freestyle” (improvisation en rap, ndlr) et aussi d’inviter des potes pour ces freestyle. C’est vraiment un truc que tu peux faire avec beaucoup moins de moyens que quand tu réalises un album. Comme son nom l’indique, tu peux les faire à la maison, avec peu de moyens, pour faire partager la musique que tu écoutes.

B : Je vois dans quel cadre il veut dire ça parce qu’il y a eu, dans nos musiques, des parties jouées, que ce soit des cuivres, des basses, des guitares. Il y a des moments où cela peut t’amener un plus mais, à la base, nous restons dans la culture du sampling qui n’est plus vraiment comme il était en 1983 c’est à dire de reprendre une boucle telle qu’elle est de “Grand Master Flash”, de “James Brown” ou de Curtis Mayfield. Maintenant, c’est de la composition à partir d’éléments venant d’autres instruments, mais c’est de la composition quand même. Je crois que nous resterons tourné vers le sampling parce qu’il faudrait vraiment beaucoup d’instruments pour reproduire la musique de Mig One. Oui, il faudrait au moins un orchestre.
A l’instar de Métallica récemment, peut-être verra-t-on alors un jour Starflam faire un concert accompagné d’un tel orchestre... même si cela prend du temps...
B : “Starflam Sonora”…justement la Sonora, c’est un groupe composé de beaucoup de musiciens et d’un seul chanteur. Nous, c’est un peu l’inverse. Avoir une vrai “Sonora”, ce serait bien mais cela doit être costaud, cela doit aller des percussions, contrebasses, congas, cordes, sax,....
P : Et puis, quand on tourne, nous sommes déjà à 12 sur la route alors tu imagines avec un orchestre philharmonique ?! Ce serait quelque chose!.
Pour les 20 ans du groupe, peut-être ?…
Comment vont se dérouler vos concerts, aurez-vous des breakers, un décor spécial ?
P : Aux Halles de Schaerbeek, nous avons pour la première fois réalisé le “show complet”, nous avions une bâche “Starflam-Survivant”, deux bâches “Starflam” sur les cotés mais aussi des breakers et des projections réalisées par des amis. Nous nous disons qu’il faut amener quelque chose pour encore monter le niveau et effectivement encore amener un show.
Balo, ta nationalisation belge a-t-elle été facilitée par le succès de Starflam ?
B : Malheureusement pas. Si la mienne a été facilitée, je plains les autres ! Il a tout de même fallu un an et demi donc si c’est me faciliter les choses parce que je suis dans un groupe de Rap... De plus, à cette époque, nous en étions au premier album et ça ne pesait pas vraiment. Je pense que j’aurais eu plus de chance si j’avais été joueur de football ou de basket. Dans ce cadre là, ça m’aurait vraiment simplifié la vie mais pour ce qui est de la musique, absolument pas. En Belgique, être musicien n’est certainement pas vu comme un honneur, qui plus est si tu fais du Rap. Cela allait complètement en ma défaveur à vrai dire.
Il aurait fallu être tennisman à Roland-Garros...
B : Pour l’instant, il fait bon être tennisman, Je conseille à tous les étrangers qui aimeraient avoir leurs papiers de dire qu’ils sont joueurs de tennis. C’est fort en vogue pour le moment, ça va bien passer.
Même si Liège est parfois morose, le 23 juin se déroule la City parade, qu’en pensez-vous ? (Ndlr : l’interview a été réalisée le 14 juin)
P : Je me réjouis de lire les comptes rendus le lendemain (rires).
B : Nous allons voir, mais je crois que ça va être drôle.
Claude Van Cools, l’un des organisateurs de la City Parade, a dit : “Si vous organisez un tel événement à Bruxelles, les discothèques d’Anvers se plaignent que celles de Bruxelles ont plus d’avantages et inversement. A Liège, il n’y a rien”. C’est un bon résumé de ce qui se passe à Liège du point de vue nocturne, non ?
B : Moi, cela ne me surprend absolument pas. Je
ne veux pas manquer de respect à ceux qui font cela avec le cœur mais il n’y
a pas un extraordinaire élan comme tu peux le retrouver à Anvers ou à Bruxelles
au niveau de la musique House. Ils ont essayé de chercher un endroit neutre,
c’est peut-être cela, en fait. Mais c’est bien, ils ont choisi un territoire
neutre et ils vont permettre qu’il se passe quelque chose en ville.
P : Et c’est là que nous verrons les capacités de Liège à recevoir pareil événement, c’est surtout cela que je me réjouis de voir... (Balo acquiesce). J’aurais vraiment bien voulu
y être mais nous jouons à Barvaux ce jour là.
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