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Pour le Rock ! Réagissons... |
Depuis quelques jours, les artistes, organisateurs de concerts, producteurs, diffuseurs sont en émoi. Le choc est grand : les aides publiques octroyées au secteur des musiques "non classiques" seraient réduites de trois-quarts, selon les derniers desiderata de Daniel Ducarme (MR), Ministre des Arts et Lettres et de l'Audiovisuel en Communauté française de Belgique. Ces aides représentaient au budget 2003 à peine 300.000 Euros annuellement. 300.000 Euros pour couvrir tout le secteur des musiques "jeunes". Monsieur Ducarme souhaite donner plus de moyens aux gros événements (dont les Francofolies de Spa) afin, dit-il, que les artistes soient mieux vus.
Mais quels artistes ? Ceux du goût de Monsieur Ducarme ? Qui va nous
garantir que le dernier groupe talentueux va bénéficier de la
visibilité de gros événements ? PERSONNE ! Nous savons
tous que cette restriction amènera les organisateurs plus modestes à
refuser nos jeunes talents, faute de moyens. Nous savons que la seule possibilité
pour nos artistes d'espérer vivre de leur musique est de multiplier les
concerts. Ce n'est, en effet, pas la vente d'album qui peut assurer une viabilité
aux musiciens.
Nous avons mesuré, l'été dernier aux Francos, combien le
rock belge devenait garant de qualité et combien le public répondait
présent à cette qualité !
Il se peut que, cette année, le festival de Dour refuse ses maigres subsides,
choisissant d'être indépendant et de l'afficher clairement. Entre
temps, ce 7 février, la direction des Francofolies désire
mettre les choses au point. Il n'est pas question pour nous de mettre la faute
sur les Francos, ca n'a JAMAIS été notre position. Nous comprenons
très bien que les organisateurs des Francosfolies de Spa sont eux aussi
parti prenante de la bataille des artistes menée contre cette restriction
budgétaire. Voici le communiqué
de presse des Francofolies
A l'heure où trois groupes de la Communauté française (Sharko, Ghinzu, Girls in Hawaii) remplissent l'Ancienne Belgique, salle subsidiée par la Communauté flamande, à l'heure où certains de nos talents s'exportent très bien en France ou ailleurs, il est intolérable que notre gouvernement communautaire fasse table rase de cette émergence de talents, intolérable que nos artistes ne bénéficient pas de meilleures possibilités de travail, intolérable que le gouvernement dénigre une part importante de notre culture à ce point. Il est intolérable de devoir se dire qu'en Belgique, pour être musicien, mieux vaut être Flamand !
Nous sommes tous concernés, nous tous amateurs de Rock.
Comme indiqué sur le site web, le public en subira lui aussi les retombées
: "Les conséquences immédiates pour les artistes, les
agences de booking, le public, les organisateurs, les sonorisateurs, les gestionnaires
de salle, les prestataires de service, les firmes de disques, les éditeurs,
les distributeurs… et le public seront dramatiques. Le nombre de concerts
va très rapidement diminuer car le budget de l’aide à la
diffusion sera très vite épuisé !
Les concerts qui pourront encore se dérouler verront inévitablement
leur prix d’entrée majoré. Enfin c’est toute la dynamique
promotionnelle organisée autour des sorties d’albums, des concerts
et des festivals qui va être brisée."
Afin d'apporter votre soutien, un site web (http://ducarme.tuxfilter.org)
a été créé. Vous pouvez, vous aussi montrer que
les passionnés de rock belge ne se réduisent pas qu'à quelques
allumés excentriques ! Il vous suffit de cliquer.
Pour que le Rock belge continue à faire la fierté de notre pays,
ici comme à l'étranger !
Ce 12 février, Daniel Ducarme rencontre les acteurs du secteur musical
non-classique. Une des premières actions ménée par le collectif
se déroulera du 12 février à minuit au 13 février
à minuit. Les sites musicaux seront mis en berne, affichant une page
noire, avec une bannière renvoyant au site http://ducarme.tuxfilter.org.
Durant ce 12 février, tous les internautes seront redirigés vers
ce site. Afin de marquer notre soutien, Impulsion se mettra
lui aussi en berne.
Ce 12 février, nous
nous sommes donc mis en berne, même après l'annonce de la démission
de Daniel Ducarme (voir ci-dessous). Nous estimons à Impulsion que le
dossier n'est pas clos, qu'il faut encore montrer que le secteur rock existe.
Précisons que la démission du Ministre n'est pas due à
l'action "Rock" (ce serait assez incroyable...) mais bien à
la parution d'un article dans le journal "Vers l'avenir" conçernant
des impôts non payés.
Monsieur Ducarme aurait oublié de remplir sa déclaration depuis
1999. En comptant les arriérés et les amendes, cela fait approximativement
250.000 (on lui laisse les centimes). C'est justement ce que reçoit le
secteur rock comme subside annuel...
Son remplaçant est connu, il se nomme Olivier
Chastel. Ce Carolo de 39 ans était jusqu'à maintentant député
fédéral. Reste à savoir ce qu'il compte faire sur le sujet
qui nous occupe. Il a déjà déclaré qu'il ne prendrait
pas de décision trop rapide. Mais s'il applique ce qu'il déclare
sur son site internet : "Faire
de la politique, c'est avant tout faire en sorte que chacun trouve sa place
dans la société et soit maître de sa vie, en offrant à
tous les meilleures chances d'épanouissement. L'autre mission du politique
est de faire fonctionner l'Etat au mieux des intérêts du citoyen-contribuable.",
le secteur rock devrait recevoir son attention.
C'est donc ce 18 février que les artistes
rencontraient le nouveau Ministre. A la suite de cette réunion, celui-ci a réussi
à trouver pour cette année, 80% du budget connu en 2003 (càd 200.000 euros).
Se trouvaient également autour de la table de discussion un représentant de
chaque pôle du secteur des musiques actuelles, à savoir : Bang ! pour le pôle
DISQUE ; Nada et des organisateurs de festivals pour le pôle SCENE et la Fabfa,
Court-circuit ainsi que Smart pour le pôle ARTISTES.
Le combat n'est pour autant pas fini car le refinancement du « service musique
» (contrats programmes (festivals, structures diverses), contrats récurrents
et contrats ponctuels (production de disques, aide promotionnelle.) n'a trouvé
aucune solution. Le Ministre n'a actuellement pu dégager que 40.000 euros pour
ce poste sur les 310.000 euros estimés nécessaires. Le rapport complet se trouve
à cette adresse : http://chastel.tuxfilter.org
Dans ce même laps de temps, le secteur des musiques non classiques a fondé une association : la Fabfa (Fédération des artistes belges francophones en musiques actuelles). Un site web, www.fabfa.org, fournira les informations communiquées par ces artistes. Cette fédération invite quiconque le souhaite à adhérer à leur charte.