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COMMUNIQUE
DE PRESSE
La
situation budgétaire actuelle des Musiques Non Classiques en Communauté
Française a entraîné de vives réactions du
secteur à l’égard du pouvoir politique, et l’
augmentation du subside des Francofolies de Spa a été montré
du doigt à plusieurs reprises.
Une mise au point nous semble indispensable afin d’éviter tout
malentendu.
Après 10 ans d'existence, en contrepartie d’un cahier des charges très
contraignant (notamment en matière de programmation, de promotion
mais aussi de rémunération vis-à-vis des artistes
belges) les Francofolies viennent de bénéficier d'un accroissement
de leur subsidiation pour développer de nouveaux projets et stabiliser
le festival, dont le budget dépasse aujourd'hui les 3 millions
d'euros. Cette augmentation a été votée à
l'unanimité et sans restriction à la Commission consultative
des Musiques Non Classiques, Commission au sein de laquelle toutes les
tendances politiques sont représentées. C'est elle qui a
instruit le dossier avant de le présenter au Ministre compétent.
Il s’agit pour nous de la reconnaissance de 10 ans d’efforts
dans notre volonté affichée dès la première
édition de mettre en valeur d’une manière optimale
les artistes belges et de proposer un programme attractif, susceptible
de séduire un public le plus large possible (deux axes qui nous
semblent prioritaires dans le cadre d’une utilisation responsable
de subsides publics).
Rappelons que ce subside profite directement aux artistes et au public, en permettant
:
- une pratique de prix très démocratiques permettant d'accéder
à la découverte musicale (11 euros pour 60 concerts en 2003
au Village Francofou et près de 100 concerts gratuits) ;
- une politique tarifaire résolument respectueuse des artistes, qui
ne brade pas les cachets artistiques comme certains autres festivals où
on alloue des salaires de misère aux artistes !
- d’accorder une large place aux artistes belges (50% de la programmation
globale au minimum) : les Francofolies programment à elles seules
autant d'artistes belges que tous les autres grands festivals de l'été
!
Sans oublier la médiatisation exceptionnelle dont le festival fait l’objet,
en Belgique et à l’étranger (via notamment des rediffusions
sur TV5 Europe, Canada et Afrique).
Enfin, ces moyens supplémentaires nous ont déjà permis et
nous permettrons d’investir dans de nouveaux projets qui profitent
eux aussi aux artistes : L’hommage à Pierre Rapsat en 2003,
les Chantiers des Francofolies (dès mars 2004) , la Nuit des Belges
(spectacle-création avec plusieurs artistes visant à promouvoir
- vers la presse et les professionnels - la production belge qui sera
présentée à La Rochelle pour le 20ème anniversaire
du festival), compilation d’artistes belges...
Nous lançons un appel...
Ceci étant dit, nous connaissons les difficultés actuelles du
secteur, et nous partageons ses craintes et son émoi. Quels que
soient les ministres et les gouvernements qui se sont succédés
à la tête de la Communauté française, le budget
des musiques non classiques est toujours resté insuffisant. Aujourd’hui
il ne représente qu’un dixième du budget des musiques
classiques.
Nous avons informé le Ministre des Arts et des Lettres des difficultés
qui allaient se profiler dans le secteur et avons décidé
depuis plusieurs jours d'entrer en contact avec les différents
présidents de partis pour les informer de la situation actuelle
afin de rechercher un consensus visant à doubler l'enveloppe budgétaire
destinée aux musiques non classiques.
D’une manière générale, nous souhaitons voir émerger
une politique de soutien à tous les styles de musique, world, jazz,
chanson, électronique, rock ..particulièrement au moment
où la créativité de notre scène nationale
fait preuve d’une étonnante vivacité.
- Nous lançons donc un appel à tous les partis politiques pour qu’ils nous appuient et donnent à la culture en général
et aux musiques non classiques en particulier la place qu’elles
méritent en étant des vecteurs capitaux de l’identité
de notre communauté.
- Nous plaidons avec vigueur pour que le budget alloué au secteur
des musiques non classiques soit doublé afin de subvenir aux besoins
de l’ensemble du secteur. Et de donner à ce secteur, enfin,
une place légitime !
- Préférant la concertation à l’affrontement,
en évitant les conflits et les amalgames (rarement porteurs de
résultats sur le long terme), nous souhaitons jouer un rôle
modérateur et rassembleur, et invitons dès lors tous les
acteurs du secteur, organisateurs, tourneurs, artistes, labels... à
se joindre à nous : ce n’est qu’en agissant en concertation
vers un même objectif que nous ferons avancer les choses. Nous avons
tous quelque chose à y gagner.
Ne nous laissons pas diviser et ainsi déforcer.
« Une communauté qui s’exprime est une communauté qui
vit » aimait répéter Pierre Rapsat : ensemble, mettons
tout en oeuvre pour que notre communauté dispose réellement
des moyens de son expression.
Pour l’équipe des Francofolies de Spa
Charles Gardier – Jean Steffens
directeurs. |