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Interviews - Smoke City

Interview : Clarisse FLOHIMONT.

Smoke City - Flying awayLe 6 septembre, la Belgique rencontrait la Hollande. Chose un peu inhabituelle, le match de foot était retransmis à l'Ancienne Belgique. Ce match était en fait la première partie d'un concert de passionnés de football. Heureusement pour les personnes présentes dans la salle, la Belgique a perdu (pour ne pas dire qu'elle fut ridiculisée). Ce qui nous a permis de découvrir un groupe, une musicalité mélant les ambiances brésiliennes aux sons actuels. Nous avons rencontrés Nina Miranda et Chris Franck, deux des trois membres de SMOKE CITY. Marc Brown était malade, ce soir là.

On connait SMOKE CITY via la publicité LEVIS, est-ce que le groupe existait déjà avant celle-ci ?

NINA : -Oui bien avant cette publicité, au moins deux ans. C'est il y a à peu près un an et demi que nous avons fait "Underwater love" avec Marc. C'est la première musique que nous ayons faite ensemble. Chris est arrivé un an après. C'est à partir de ce moment que l'on a commencé à faire différentes choses et montrer les diverses possibilités de notre musique aux maisons de disques qui grâce à cela, nous ont permis d'enregistrer et de devenir un groupe.

Vous avez certainement des influences, je crois notamment que vous écoutez Santana, du moins c'est un nom qu'il vous arrive de citer parfois ?

NINA : -Oui, d'ailleurs nous avons écouté Santana aujourd'hui dans le bus. Mais il n'y a pas que cela, il y a également Jimmy Hendrix, la musique brésilienne, la musique funk, mais quoi qu'il en soit, toujours des musiques qui viennent du coeur, très chaleureuses.

Pourtant, dans ce que vous faites pour Smoke City, il n'y a pas vraiment de guitares comme on les entend chez Santana ou Jimmy Hendrix ?

CHRIS : -Oui c'est vrai, mais c'est parce que nous utilisons les influences de ces groupes que l'on écoutait lorsque nous étions plus jeune. Moi par exemple, j'écoutais Jimmy Hendrix et Santana parce que je joue de la guitare. Bien sûr, je ne sais pas jouer comme eux, je veux simplement utiliser l'inspiration de cette musique. C'est la même chose avec toutes les musiques qui nous inspirent, il faut faire quelque chose de différent, il faut utiliser l'inspiration pour faire quelque chose de différents.
NINA : -il faut évoluer. Si Jimmy Hendrix et Santana avaient passé leur temps à penser leurs musiques, ils ne seraient pas devenus de tels musiciens.

Smoke City - Underwater Love coverLe remix d' "Underwater love" était signé par David Morales, un "grand" DJ. Est-ce que tout ce qui se passe coté scène "dance", "techno", etc. en Angleterre vous influence beaucoup aussi ?

NINA : -En vérité, le choix de David Morales n'était pas notre choix. C'était au début de notre carrière, avec la publicité. Le choix était... tout s'est, en fait, passé très vite et on n'a pas eu le temps d'y penser minutieusement. On avait l'occasion de faire des remixes avec lui, on s'est dit qu'on devait le faire sans y réfléchir. Mais maintenant nous allons penser beaucoup plus au choix des remixes puisque nous sommes un groupe neuf avec un son neuf, il est donc intéressant d'avoir des remixes neufs.

Mais pour le deuxième titre "Mister Gorgeous", est-ce vous qui avez choisi les remixeurs ou tout au moins avez-vous pu suggérer un choix ?

NINA : -Oui, c'est beaucoup plus notre choix.

Pourquoi, alors, avez-vous choisi de vous faire remixer par Mood II swing ?

NINA : -Au départ, on voulait Masters at work mais ils ne pouvaient pas le faire, Mood II swing sont un peu du même genre, de plus ils sont très bons.

Concernant l'album "Fly away", comment s'est passé l'enregistrement puisque vous y incluez beaucoup d'instruments ?

CHRIS : -C'est intéressant pour nous d'utiliser de nombreux instruments parce que les instruments sont comme des couleurs et plus on a de couleurs plus on peut faire de choses intéressantes. Pour le titre "Numbers", on était en contact avec Olodum qui était justement en Angleterre pendant l'enregistrement de notre album. Marc a déjà travaillé avec lui, il le connait bien et on a pensé que ce serait mieux de faire la rythmique avec Olodum. De même pour "Underwater love", on désirait inclure un saxophone baryton. L'ingénieur nous a dit qu'il jouait du basson, un instrument classique, le son était encore plus beau que le saxophone, c'était intéressant de l'utiliser.

Lorsque vous êtes sur scène, vous est-il possible d'utiliser tous les instruments ou travaillez-vous à base de samples ?

Smoke City Group CHRIS : -Oui, il y a beaucoup de samples mais c'est pour les rythmes de batterie ou pour tous les sons qu'on ne peut pas faire avec des instruments, des sons un peu étranges... On a essayé de mélanger la programmation des samples avec les instruments réels. C'est quelque chose de très important pour nous de bien réussir ce mélange.

Depuis combien de temps êtes-vous sur scène, quelle est la réaction du public ?

NINA : On commence à peine notre tournée et pour l'instant on peut dire que les gens sont surpris qu'il y ait de vrais instruments présents lors de nos concerts. Ils trouvent que c'est encore plus vivant. Beaucoup de gens préfèrent entendre notre musique en concert que sur l'album. Ils sont très attentifs à ce qui se passe sur scène car il y a beaucoup de choses à regarder : les percussions, les instruments que nous utilisons.

Depuis votre création, il y un an et demi, ce sont les mêmes chansons que vous jouez. Ne vous paraissent-elles pas un peu vieilles, pensez-vous déjà à un deuxième album ?

NINA : -On a beaucoup de musiques dans la tête et sur cassettes. Chacun, dans le groupe, est très inspiré actuellement. Les voyages inspirent beaucoup. Pour le concert, rien ne nous empêche de changer notre façon de jouer certains titres. Au fur et à mesure, on se rend compte des chansons qui fonctionnent mieux et le fait de varier nous permet de rester plus intéressant. On ne sait pas ce que chaque concert sera.

Savez-vous dans quels pays vous allez jouer ?

NINA : -Je crois que maintenant, on a assez voyagé en Europe. L'Australie semble être intéressée par notre musique, l'album va aussi sortir au Brésil et au Japon. On va donc voyager encore plus.

Ca vous fait certainement plaisir de retourner au Brésil ?

NINA : -Beaucoup, j'en suis très heureuse, c'est le pays où je désire le plus aller mais je suis un peu inquiète en même temps parce que, il y a ma famille et je veux que cela fonctionne.

Il y a un autre pays que vous aimez beaucoup, c'est la France. D'ailleurs, vous parlez très bien le français. Vous disiez que vous vouliez vous installer à Paris pour encore mieux apprendre le français...

NINA : -J'aimerais pouvoir reparler français comme avant. Quand j'habitais en France, Je vivais dans une petite ville près de Toulouse. Mais la ville était un peu , morte. Elle était pourtant très moderne mais aussi moderne qu'elle était morte. Il n'y avait pas beaucoup d'animations. J'aimerais habiter à Paris car il y a un mélange de cultures intéressant et j'imagine qu'il y a beaucoup de musiques, de musiciens, d'artistes. De plus, c'est une très belle ville.

Le mélange des cultures, les voyages et les musiques des pays que vous visitez vous permettent aussi le mélange de musiques, de sons. Je suppose que cela vous inspire pour de nouvelles chansons ?

NINA : -Oui, bien sûr. C'est tout cet apport culturel et musical qui permet la création de nouveaux sons.

Que faites-vous lorsque, pour un concert, vous êtes dans une ville que vous ne connaissez pas ? Avez vous le temps de visiter, de voir les différents aspects de cette ville ?

CHRIS : -Parfois, cela dépend de notre programme. Quand nous avons un concert, nous n'avons pas beaucoup de temps mais c'est possible lorsque nous faisons la promotion de l'album.

Une autre chose aussi qui vous suit plus ou moins à la trace, c'est votre amour pour le football. De plus aujourd'hui, la Belgique joue contre la Hollande...

CHRIS : -Pour moi, le football est très important et le match d'aujourd'hui aussi car je suis à moitié Hollandais et j'adore le foot hollandais. Je sais que pour les deux pays, c'est un match très...
NINA : -grave !
CHRIS : Non, pas grave mais si la Hollande perd aujourd'hui, je ne peux pas faire le concert, je ne jouerai pas. (rire général)
NINA : Si lui ne joue pas, moi non plus je ne joue pas et donc il n'y aura pas de concert...
CHRIS : Comme tu vois, je porte la vareuse de l'équipe hollandaise...
NINA : -Mais, il ne peut pas la mettre pour le concert...
CHRIS : -Non, je ne la mettrai pas sur scène quand je jouerai. Pendant le match, oui...Pour moi, le football n'est pas une chose agressive. Pour beaucoup de personnes, ça l'est mais pas pour moi. Je suis content d'avoir une équipe à soutenir. Moi même, je joue. Le football et la musique sont deux des choses les plus importantes dans la vie pour moi.

Quels sont les projets pour le groupe, une tournée tout d'abord, combien de temps durera-t-elle?

NINA : -La vie entière...(rires) ...mais en même temps on veut entrer en studio pour enregistrer nos idées tant qu'elles sont encore récentes et en mémoire.

Vous savez déjà vers quelle voie va vous mener ces musiques, ces sons que vous allez mettre sur le deuxième album ?

NINA : Ca sera plus ...
CHRIS : Heavy métal je crois
NINA (en même temps) : Plus deep.
CHRIS : -Plus heavy métal...moins chanté, plus crié.
NINA : -Chris va chanter et fera de la musculation pour être très fort. Il ne mettra pas de blouson sur scène et il y aura des amis qui danseront. Moi, je jouerai de la batterie, je me ferai couper les cheveux et j'imiterai un homme. On deviendra un boys band...
CHRIS : -Elle fera l'opération...Il faut expérimenter, il faut essayer tout...Non, sérieusement, on ne sait pas vraiment, on continue dans le voyage.
NINA : On garde la même voie, on va continuer à explorer et nous surprendre nous-même, j'espère.

Interview : Clarisse FLOHIMONT.