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Sioen - interview (février 2004)

interview : C.Flohimont
Typing : Célyne J.
photos : Célyne J.

Sioen, révélation flamande de cette année, est auteur, compositeur, interprète, il a 24 ans et provient de Gand. Depuis 2001 et après maints concours, il écume les salles de concerts du nord du pays. C'est l'année dernière, en 2003 qu'il sort son premier album "See you naked" produit par Pieter-Jan De Smet et s'adjoint aussi d'autres musiciens : Renaud Ghilbert (violon), Frederik Segers (guitare), Jesse Vrielynck (basse) et Jakob Nachtergaele (batterie). Côté wallon, Sioen a déjà quelques dates derrière lui mais c'est surtout cette année, en compagnie de Mud Flow, que nous pourrons le voir plus souvent. Tout comme c'était le cas à l'Atelier rock de Huy, ce 21 février où nous l'avons rencontré…

Sioen, le batteur et le bassiste - Une petite présentation du groupe, pour que l'on puisse se familiariser un peu…
Je m'appelle Sioen et c'est aussi le nom du groupe. J'ai commencé, seul, il y a 3 ans maintenant. Huy n'était pas notre premier concert ici, nous avons déjà joué à Dour et aux Francofolies. Maintenant on fait des concerts avec Mud Flow en Wallonie, donc j'espère que ça va être très bien.

- Comment et quand sont arrivés les autres membres du groupe ?
J'ai fait la connaissance d'un violoniste, Renaud Ghilbert, qui a étudié à Gand aussi. Après cela on a décidé de faire un album. Et pour ça, je pensais que c'était mieux de former un groupe que de faire l'album seul. J'ai donc rencontrer d'autres musiciens.

- Vous êtes tous de Gand ?
Oui, nous habitons tous à Gand mais certains sont originaires de Flandre Orientale.

- Cela fait trois ans que tu fais de la musique, tu as commencé à jouer du piano seul ou tu prenais des cours ?
Lorsque j'étais petit, j'ai commencé par faire de la flûte traversière classique, dans une école de musique. Ensuite, j'ai commencé à chanter dans un groupe de rock à Gand et je faisais mes propres chansons. C'est ainsi que ça a commencé.

Sioen - Une des choses qu'on demande souvent aux nouveaux artistes belges, c'est de savoir si l'influence de Deus a été importante pour toi ?
Une vraie influence, je ne pense pas que ça soit ça mais quand même, j'ai suivi le rock belge quand j'étais jeune et pendant mon adolescence. Deus était un exemple parce qu'ils faisaient des choses alternatives et que ça marchait donc, pour nous c'était une excellente motivation supplémentaire pour continuer.

- Deus était donc plus une motivation qu'une influence ?
Oui et je pense que c'est aussi le cas pour beaucoup d'autres groupes en Flandre. Maintenant, il y a vraiment un "boum" des groupes, surtout à Gand. C'est vraiment une motivation, je dois aussi dire que j'ai tous les albums de Deus, comme tout le monde ! Il y a 3 jours, j'ai entendu dans une interview que Tom Barman disait qu'il appréciait notre musique. Ca, pour moi, c'était vraiment super.

- Vous ne vous êtes jamais rencontrés ?
Non pas encore mais, jeudi prochain, je sais qu'il va venir à notre concert, ce sera chouette.

- Une bonne occasion de parler de tout cela ?
Oui, certainement.

- Comment as-tu composé l'album ?
J'écris les chansons moi même au piano et chant. Dans l'album, il y a une différence entre les chansons plus intimes, tout seul ou avec des violons et des morceaux avec le groupe, plus funky, plus rock avec la batterie et la basse.

Sioen (live Huy 2004) - Pendant le concert, j'ai perçu une similarité avec Ghinzu, tu connais ce groupe ?
De nom mais pas la musique, je n'ai jamais vu. Je constate une certaine différence, comme une grande frontière entre la Wallonie et la Flandre, je trouve cela dommage… Mais je veux bien écouter Ghinzu parce que ce n'est pas la première fois que l'on me dit ça.

- Tu as signé sur un label indépendant (Keremos) ?
Oui, c'est notre label, on a fait tout nous même. Pour nous, c'est plus agréable mais parfois plus dur aussi parce qu'il n'y a pas que la musique qui est très importante mais c'est aussi la motivation de tout un groupe et des bénévoles. Maintenant, on arrive à payer les gens mais, c'est un chemin qui est plus long et plus dur… Pour nous, ça marche très bien.

- Tu as donc fondé ton label pour faire ton disque et tes concerts ?
Oui, voilà, tout à fait. Donc, on trouve nous même les concerts. Que ce soit le label ou le management, on fait tout nous même. Mais, comme je le dis, maintenant en Flandre, ça marche très bien, donc … quand vous êtes dans une major ou un plus grand label , euh… pour moi, ça me donne un certain, euh… je suis vraiment à l'aise comme ça parce que je sais que je fais cela avec des amis et des gens qui croient vraiment en Sioen et cela me donne une certaine …enfin je suis à l'aise quand je peux faire la musique aussi.

Sioen- Ta motivation principale, c'est de faire de la musique. Malgré tout, tu dois quand même trouver tes concerts, ce n'est pas trop difficile, surtout en Wallonie ?
Je dis "moi-même" mais maintenant, il y a des personnes qui s'occupent de cela. Maintenant que ça tourne bien, je peux me concentrer sur la musique et pas sur les autres choses. Quand on a fondé ça, on a commencé comme ça. Maintenant, nous avons 3 personnes employées plein temps pour s'occuper de Sioen et de deux autres groupes. Ca c'est vraiment chouette.

- Tu fais cela à plein temps, pas d'autre travail, d'autre source de revenus ?
Non et c'est vraiment agréable pour moi. J'ai aussi travaillé de 9h à17h mais je ne pourrais pas y retourner. Pour moi, c'est tellement agréable de pouvoir faire ce que je veux et c'est aussi le plus important.

- Reçois-tu des subsides de la Communauté flamande, as-tu des aides de quelque part ?
Oui, maintenant avec le label, on reçoit des subsides. On a jamais pensé que ça pouvait arriver mais j'aime bien que l'Etat puisse être un peu concerné par la musique rock.

Sioen (live Huy 2004) - Toi qui es flamand, qui dépend de la communauté flamande, as-tu entendu parlé de l'affaire qui remue le côté wallon du pays ? Daniel Ducarme, cela te dit quelque chose ?
Non.

- Brèves explications : rabotage du budget des musiques non classiques et donc mort du secteur rock…)
Oui, ça serait dommage…

- Mais toi tu reçois un réel soutien de la communauté flamande ?
Oui, pas uniquement le groupe, mais aussi le label. Je constate aussi l'organisation de concours et les médias en Flandre sont vraiment concernés. Il y a beaucoup de groupes maintenant en Flandre qui sortent des disques aussi parce qu'on peut faire des disques à la maison avec l'ordinateur. C'est plus facile maintenant de sortir quelque chose par nous même. Mais je constate surtout que les médias en Flandre sont vraiment au courant et concernés. Je suis vraiment content de cela.

- Le thème de l'album et des chansons ?
Oh, c'est comme tout le monde : l'amour. Pas uniquement l'amour mais aussi les relations entre les gens. Il y a aussi des morceaux où je parle des machos ou des titres plus politiques, "Wild Wild west" par exemple. Mais principalement l'amour, c'est un grand sujet.

- Pour tes dates de concerts, on dirige les intéressés vers www.sioen.net, c'est ça?
Oui, je sais qu'en avril on joue à Verviers, le 24 et j'espère jouer aux francofolies par exemple, on ne sait jamais …

Sioen (live Huy 2004) - Ce soir à Huy, tu jouais avec Mud Flow et Sink, qu'as-tu pensé de la soirée?
Je trouvais ça vraiment chouette, j'ai vu Mud Flow mais Sink, je n'ai pas vraiment vu parce qu'on était en train de manger… On fait des concerts en Flandre avec Mud Flow, on ne se connaît pas encore très bien, mais ça commence. Je trouve vraiment cela agréable d'avoir un lien comme ça avec ce groupe parce que, comme je le disais tout à l'heure, avec la frontière c'est pas très facile. Mud Flow est connu ici. Je suis connu en Flandre mais les gens ne connaissent pas Sioen ici comme on ne connaît pas Mud Flow en Flandre. Cette collaboration, c'est une bonne chose.

En concert le 24 avril 2004 au P'tit théâtre de Verviers.
Voyez aussi la critique cd de "See you naked".
Le site web : http://www.sioen.net

Interview : C.Flohimont
Typing : Célyne J.
Photos : Célyne J.