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![]() Interview Daan (octobre 2004) |
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Bonne écoute !
Décidémment, nous ne cesserons jamais de dire combien nous apprécions nos rencontres avec Daan Stuyvens. A voir sa simplicité, sa disponibilité, nous ometterions presque de croire que la gloire l'intéresse. Un reproche pour cette fois ?... Le fait qu'il n'y ait pas eu beaucoup de dates de concerts du côté francophone. Nous avons donc profité de son passage à la Soundstation, ce 29 octobre dernier, pour le retrouver et discuter avec lui de "Victory", de coiffure, de B**h, de succès, de piscine et d'avion privé...
L'interview complète (audio) (4840k - 20 min 11)
Pour ce nouvel album, tu reviens avec une nouvelle coupe de cheveu, un nouveau look… Pour la pochette du cd, tu as teint tes cheveux en noir, pourquoi tous ces changements pour le troisième album ?
J'aime bien me déguiser, faire quelque chose que je n'ai pas encore fait, tant musicalement qu'autre. Cela me permet de me mettre dans un autre rôle, d'y croire, d'en faire quelque chose de complètement différent. C'est très excitant de faire quelque chose mais ce n'est pas si excitant que ça de le faire deux fois. Je connais ça aussi dans ma vie privée… Je vis un peu comme ça et je l'applique au visuel, à tout.
- C'est un énorme besoin de changement pour toi ?
Oui, pour rester vif, pour rester curieux. J'ai toujours envie de découvrir des choses, des facettes de moi que je ne connais pas encore… ou des variations sur le thème. Je suis quelqu'un de très impatient, de très nerveux à la base, quelqu'un qui aime bien être excité. Je n'ai même pas le choix… Donc, tout cela me va très bien.
- Avec "Victory", tu t'orientes, comme pour "Bridge burner" vers la musique plus dansante. C'est de nouveau, comme tu nous l'avais dit précédemment, le fait de délaisser la guitare pour composer plus aux claviers ?
Oui. Ceci dit, avec un clavier tu peux aussi faire du Vincent Delerm. Mais c'est une question d'âge aussi. J'estime que je vais encore faire des disques pendant 20 à 30 ans, donc j'aurais tout le temps de faire des disques du genre de Leonard Cohen, des disques plus intimes, plus acoustiques. Je n'ai pas tellement envie d'y être déjà maintenant… de faire tous les centres culturels. Donc, je fais une transition très lente… En même temps, c'est quand même encore excitant de faire des festivals où il y a beaucoup de jeunes ou de passer sur des chaînes où il y a des jeunes et des adultes qui écoutent. Je ne veux pas encore m'éloigner de la jeunesse et peut-être de ma jeunesse non plus. C'est pour cela que c'est très intéressant d'utiliser plein de synthés, plein de trucs électroniques.
- Pourtant, tu t'éloignes du rock que tu faisais dans le premier album "Profools" ?
Oui complètement… mais "Profools", c'était déjà à mi-chemin, c'était plutôt de la pop, de l' "Electric Light Orchestra"… Ça allait dans tout le sens… mais pour moi il y a plus de fiction dans la pop que dans le rock et les guitares… Un groupe comme "Dead Man ray", c'est parfait pour faire des guitares. Il ne fallait pas que j'aie un projet solo à coté qui ressemblait à Dead Man Ray non plus. Si j'ai besoin de guitares, je peux le faire avec Dead Man Ray. C'est un peu logique que je choisisse un autre chemin pour mes trucs solo. C'est aussi… une fois que tu commences avec les claviers, tu restes là-dedans et les guitares vont moins bien avec ça, je crois. Pour faire du lyrique, c'est très tentant de mettre dix doigts sur un piano… tu as, alors, beaucoup de nuances si tu les bouges un peu. Et c'est très différent d'une guitare distorsion ou cela va quand même un peu influencer tes paroles ou ta façon de te gérer sur le podium et cela me fait moins rêver pour l'instant que de faire de la pop.
- Lors de notre dernière rencontre à l'occasion de "Bridge burner", tu me disais que tu essayais d'abandonner l'expérimentation et de séduire un peu plus le public, c'est toujours le cas donc ?
Oui, mais maintenant, je rends la séduction expérimentale ou je teste les limites jusqu'où je peux aller en faisant du premier ou du deuxième degré. Aussi sur scène, cela a quand même évolué plus vers… Il y a un coté show qui n'était pas là avant. Donc je pousse parfois les limites... musicalement ou même le fait de mettre un costume blanc avec une rose... Musicalement, cela va vers cela aussi et pour moi, c'est une expérience même si cela ne sonne pas expérimental dans le sens strictement et musicalement artistique. Quand même, il y a parfois aussi... même une chanson comme "Victory" est assez provocante… L'idée de chanter "Victory for you and me" accompagné par des synthés comme cela... J'expérimente toujours avec la limite du bon goût aussi… Pour moi, c'est d'un goût magnifique (rires) mais je sais que c'est conçu comme du... que souvent cela touche presque au mauvais goût donc là-dedans, il y a quand même un coté expérimental pour moi aussi.
- C'est aussi la démarche que tu avais pour ton album précédent, tu me disais que tu avais conçu l'album en pensant que personne ne l'aimerait, pour "Victory" c'est aussi le cas ?
Non, ici je savais que... (Rires). Parce qu'à la base, si tu les joues sur un piano ou une guitare acoustique, ce sont des chansons. C'est encore plus mélodique qu'avant … Donc je savais que j'avais la base... Maintenant, pour le quatrième que je suis en train de faire, Je suis encore plus sévère. Je ne touche pas un instrument avant de pouvoir chanter la mélodie qui va devenir une chanson à quelqu'un. Je me dis : "Bon, la chanson elle est comme ça et tu la chantes tout simplement en deux secondes" et cela doit fonctionner déjà comme ça. C'est la condition que je me mets maintenant pour faire de nouvelles chansons.
- Pourquoi avoir laissé "Housewife" sans paroles, qu'est-ce que ça change, qu'est-ce
que ça apporte de plus ou de moins ?
Ce n'était pas un morceau instrumental du tout. J'ai chanté, il y avait dix voix dessus, il y avait trois refrains différents, des cœurs gigantesques qui faisaient très "Bryan Ferry" d'ailleurs, très Depeche Mode... C'était assez beau mais quand même, il manquait quelque chose. Ce n'était pas... Pour une raison ou une autre, cela ne marchait pas. Je n'ai plus osé le réécouter par après. Pour finir, le jour du mixage, nous nous sommes dits : "Bon, on fait encore un instrumental", ce que l'on fait toujours au cas où on doit faire un play-back ou si jamais on veut faire une version dans une autre langue, tu fais un mix, juste avec les musiques, un instrumental… Nous nous sommes regardés, moi et le mixeur, Philippe, mon manager, est entré et nous nous sommes tous regardés en se disant : "Waw". C'était beaucoup plus explicite et beaucoup plus fort. Cette version s'est imposée d'elle-même presque. Bizarrement, la version instrumentale était mieux que la version chantée.
- Quel a été le point de départ pour la réalisation des clips, l'idée de départ pour le clip, par exemple, de "Housewife" ?
Je voulais que ce soit un peu une parodie féministe de la femme de maison qui se libère... Mais avec beaucoup d'éléments comme les charrettes de supermarchés. Mais, en faisant un briefing personnel, je me suis dit que je voulais faire du "Easy Rider". Je ne voyais que ça… je voyais juste une femme sur une moto avec plein de vent dans les cheveux et beaucoup de belles routes et beaucoup de belles femmes… C'était très basique comme idée mais j'avais les couleurs et le cadrage en tête, je voyais tout devant moi. Il a fallu un peu chipoter pour que cela ressemble à ça. Je voulais quelque chose d'optimiste, qui va toujours plus loin avec aussi les couches musicales qui s'ajoutent. Dans le clip, il y a chaque fois de plus en plus de femmes… C'est très basique comme comparaison mais ça marchait comme cela dans ma tête, j'en voulais d'abord une puis cinq puis dix, etc.
- Penses-tu que la vision de la femme que tu montres dans le clip "Housewife" est une vision moderne, actuelle et réaliste ?
(Rires), C'est du post-féminisme en tout cas, ce n'est pas à moi de décider cela. Il faut demander cela aux femmes... Je connais quand même beaucoup de femmes qui ne sont pas des féministes mais juste des femmes fortes et j'aime bien cette image là. Ce n'est pas tout à fait cela dans le clip... D'un autre côté, je connais aussi plein de femmes qui sont complètement heureuses à la maison. Moi aussi, je fais ma vaisselle tous les jours… je dis "tous les jours", ce n'est pas vrai, c'est toutes les semaines au moins... Je fais la vaisselle, je nettoie la maison, je m'occupe de mon enfant, je fais tout ce qu'une femme de maison fait donc ce n'est pas que je voulais maudire le statut de femme de maison, au contraire. C'est presque un clin d'œil vers la vision du type d'une femme libérée. Mais il y a beaucoup de non-sens dans le clip, de toute façon.
- Tu t'impliques particulièrement dans la réalisation de tes clips, pourquoi ne pas confier cela à quelqu'un d'autre ?
Parce que je veux apprendre à le faire, à long terme... Ici, c'était un peu exagéré de m'occuper de la caméra, du montage et de la réalisation mais c'est un domaine qui m'excite beaucoup, surtout le montage. Donc, il fallait que je le fasse une fois moi-même. La raison, aussi, pour laquelle je ne le donne pas à quelqu'un d'autre, c'est que, si tu le fais, il faut également lui donner un budget de 10.000€ mais ce n'est pas comme cela que je travaille. Pour ma musique non plus, je ne fais même pas mes disques pour 10.000€, je les fais pour... zéro, … soi-disant ! Donc je voulais aussi appliquer cela pour les clips, comme nous faisions à l'époque aussi pour "Dead Man Ray". Je préfère, par exemple, refuser une demande d'écriture de bande originale et avoir le temps de bien m'occuper de mes pochettes et de mes clips. Ainsi, le système de sortir un disque tous les ans ou tous les deux ans, cela me suffit car il y a beaucoup de facettes, il y a le côté visuel, vidéo, graphisme, musique donc c'est déjà beaucoup de tartines bien remplies. C'est aussi mon côté "contrôle fric". J'avais essayé…, pour "Housewife" aussi, j'avais parlé à un réalisateur. Nous nous sommes vus trois fois mais après trois fois, je me suis dit : "Mais non, mon œil" (rires), pas moyen de collaborer…" Parce que c'est dur d'expliquer ce que tu veux voir. Je n'exclus pas de rencontrer des gens dans lesquelles je peux avoir 100 % confiance comme pour le clip de "Landslide" de "Dead Man Ray". Pour l'animation, je savais que je ne devais rien lui dire, qu'il allait faire une merveille… mais ce genre de personne est plutôt rare. Et je ne suis pas sûr que si je trouve quelqu'un comme ça, ce sera quelqu'un qui a l'habitude de faire des clips. Peut-être que ce sera plus un écrivain ou quelqu'un qui travaille complètement dans un autre domaine mais en qui j'ai pleinement confiance.
- Est-ce aussi le fait de faire des bandes originales de films pour les autres, pour d'autres réalisateurs qui t'a donné envie de t'y mettre ?
C'est plutôt l'inverse, j'ai accepté les bandes originales pour apprendre plus sur le montage et pour savoir comment les gens travaillent sur une scène de film. J'ai bien regardé toutes les étapes de la réalisation d'un long métrage. C'est de l'espionnage industriel, à la limite.
- Donc, on peut s'attendre..., autant Tom Barman a fait son chemin, que Daan, lui aussi fasse le même ?
Je voudrais bien un jour mais je réalise que cela prend énormément d'argent, de temps, d'énergie et qu'il faut savoir collaborer avec d'autres gens sauf si tu adaptes ton script de façon à pouvoir tout faire toi-même… ce qui n'est pas exclu mais pour le moment, je m'amuse trop avec la musique, bizarrement donc je ne crois pas que je vais me jeter là-dessus pour les années qui viennent. Je vais plutôt essayer encore de faire, … de faire un bon bon disque...
- Pourtant, cela fait trois bons disques maintenant ?
Oui, enfin... Les trois-quarts des disques sont bons, je veux dire les trois-quarts de chaque disque sont bons mais ce n'est jamais à 100 % bon, je ne suis jamais assez content, j'entends des choses… je suis toujours frustré… C'est bien parce que ça me donne tout de suite envie de recommencer ou de continuer mais j'entends dans ma tête des choses que j'aurais pu faire. Il faut dire aussi qu'avec le temps, tous les morceaux ne survivent pas. Je suis peut-être trop proche de cela aussi. Normalement je devrais encore savoir faire mieux... Parce que, quand je gagne sur les mélodies ou sur les rythmes, je perds parfois sur les paroles... Et quand je gagne sur les paroles, parfois la musique derrière n'est pas aussi forte ou stylée que dans d'autres morceaux. J'aimerais bien trouver un format où tout est parfait : les paroles, la musique, les mélodies, la production... J'ai abandonné... Si je devais attendre le moment où je suis à 100 % content d'un disque, ça durerait 10 ans avant qu'il ne sorte et il serait probablement assez mauvais (rires) où il serait complètement... Ce serait un disque mort probablement… Donc, j'ai accepté de travailler un maximum avant de le sortir, j'ai accepté la "deadline" me disant : "Là, il sera fini même si tu n'es pas complètement content, il faut le sortir".
-
Au sujet de la photo qui montre un indien d'Amérique serrant la main de 'Davy
Crockett' avec derrière les tours jumelles qui explosent, c'est plus que de
la provocation ? Explique-nous pourquoi cette image ?
Je me faisais du souci sur le fait qu'on pourrait prendre la chanson "Victory"
comme une chanson très macho et très droite, politiquement droite…
Pour moi, ce n'était pas ça et pour le démontrer clairement,
je voulais dynamiter le concept même de ce qu'est une victoire ou l'envie
de victoire et la ridiculiser complètement, en passant par ridiculiser
les Américains qui recherchent leurs propres problèmes et qui
ne se rendent pas compte que c'est complètement ce qu'ils méritent.
J'étais très excité quand j'ai vu les images en live à
l'époque des Twin towers. Ma première réaction était
"Waw" et puis j'ai commencé à avoir peur et à
me dire : "Bon, il y a des gens dedans, ce n'est pas tellement chouette"
mais j'ai trouvé ça magnifique quand le deuxième avion
est entré dans la tour... Et c'était beau en plus, visuellement,
c'était tellement beau : le ciel bleu et les tours qui explosent…
Je trouvais que c'était une très bonne blague...
Il y a aussi une connotation sexuelle "Victory", dans les paroles,
au moment de "you'll make love to me", cela ne se dit pas… tu
ne dis pas à quelqu'un : "Tu vas me faire l'amour" (rires).
Ça, c'est déjà une boutade machiste. L'image a été
faite par des artistes que j'ai rencontrés par après. Je l'ai
choisie parce qu'il y a aussi un côté un peu pédé
dedans. Le type tient l'autre, il ne lui serre pas la main mais il le prend
par le bras. Ça, c'est déjà un peu symbolique et de plus,
il garde son pied sur le pied de l'Indien, il le force physiquement à
le saluer. Donc, il y a aussi cette victoire sexuelle presque dans cette image.
- Il y en a des choses dans cette image...
Oui, oui, cela n'en finit pas.
- En dehors du "spectacle" du 11 septembre, après mures réflexions, après quelques années, est-ce que, pour toi, cela a changé quelque chose ? As-tu l'impression que cela doit avoir changé quelque chose ?
Euh… Cela a empiré les choses. Il faudrait encore en deuxième, un troisième événement comme celui-là. Le problème, pff, il faut surtout un autre président. En tout cas, j'espère qu'en Amérique, cela a changé quelque chose, qu'ils se posent la question quand même. On sait que la plupart ne le font pas mais il y a quand même plein de gens qui le font, qui se demandent : "Qu'est-on en train de faire…, est-ce qu'on l'a mérité ou pas ?". D'ailleurs, c'était très beau... Le premier jour, le 11 septembre même, il y avait Willy Claes, l'ancien ministre, qui, à cet instant, osait encore dire : "Ils l'ont quand même mérité…". Il disait ça franchement… Un jour après, il s'est rétracté, c'était mal vu d'oser dire ça. Le problème, c'est que ça va faire plus de mal que de bien. En soi, c'est quelque chose qui pourrait faire beaucoup de bien, c'est une bonne baffe dans la gueule et c'est ce qu'ils méritaient mais ils ne vont pas le prendre comme cela.
- A coté de cela, il y a les élections américaines. Depuis ce fameux 11 septembre, on est presque tous obligés de s'y sensibiliser, même si on ne vote pas. On est quasi tous, Européens, en train d'espérer que ce soit J.Kerry qui gagne... De ton côté, cela t'intéresse ?
Oui, je reste debout la nuit pour regarder les débats à la télé mais le problème c'est que Kerry est "aussi pire" que Bush, enfin il est juste un peu moins... Il n'est pas pire que Bush mais c'est un con aussi… certainement… Il a un visage de con donc (rires). De toute façon, il travaille pour les mêmes firmes où il va devoir travailler pour les mêmes firmes… Le problème, ce sont tous les gens derrière le président. Mais, c'est très chouette ce que cela a fait : tout ce que Louis Michel a dit, tous les faits européens vis-à-vis de l'Amérique. Là, je trouve que cela a quand même renforcé l'Europe et que l'Europe s'est sensibilisée, s'est montrée plus mature... Vis-à-vis du monde aussi. Comme Européen, je suis heureux de cette évolution.
- Pour revenir à la musique, on t'a vu faire la première partie
d'Axelle Red à l'Olympia de Paris. Pour un artiste belge francophone, cela peut
se comprendre mais pour un flamand chantant en anglais, c'est assez bizarre
finalement de passer à l'Olympia ?
Oui mais bon, nous avons le même management… Donc, c'est pour cette raison, évidemment. Mais, c'est un cadeau que je m'offrais à moi-même ou que nous nous offrions à nous-mêmes. Au moins, j'ai eu cela dans ma vie de pouvoir jouer là où tu as Alain Delon sur la quatrième rangée… Et tu joues pour Alain Delon, c'est vraiment grisant… Moi qui suis tellement fan de toute l'histoire de la musique et de la chanson française, c'est super de jouer là-bas. J'ai regretté de ne pas pouvoir jouer un set en français ou quelque chose de plus adapté à l'endroit… Mais, cela m'a quand même appris beaucoup de choses parce que nous jouions quatre jours : le premier jour, j'avais mal compris le format et j'ai beaucoup changé de choses dans le set. Le deuxième jour, c'était mieux et le troisième, c'était encore mieux et le quatrième… Cela passait. Il y a beaucoup de gens, des musiciens français ou des réalisateurs de films qui sont venus me dire que c'était magnifique, etc. Mais, j'espère pouvoir le refaire dans cinq ans, avec quelque chose de beaucoup plus adapté à l'endroit…
- Comme du Brassens, par exemple ?
Ou comme Dick Annegarn…
- Ou Vincent Delerm ?
J'écoute cela pour le moment et je trouve que son piano est magnifique. Je trouve juste dommage que le chant soit sous-jouer mais c'est un choix et les paroles sont magnifiques, donc... Pour l'instant, j'aime beaucoup écouter des choses beaucoup plus lyriques, un peu plus grande… Pour l'instant, j'écoute du Polnareff ou du Léo Ferré, j'aime bien les orchestres derrière.
- Tu es un touche à tout, c'est ce qui est vraiment fascinant chez toi. Pourquoi cette envie d'aller partout ?
Parce que... je ne sais pas... Je ne me considère pas comme un musicien… Le médium n'est pas si important, c'est juste que cela doit me servir à exprimer ce que... Par exemple, je vois des images ou des idées, peu importe si je les applique sur du visuel ou sur de la musique... La musique m'arrange très bien et c'est un magnifique statut social… Donc pour le moment, c'est surtout la musique mais je crois que si je "switche" souvent entre ces choses-là, c'est parce que je pense au contenu et pas à la forme. C'est d'abord le contenu et puis la forme.
- Pour terminer, ce qui est bizarre aussi, c'est que tu es quelqu'un de simple, qui ne rêve pas absolument de gloire... Est-ce que finalement, un succès mondial... ?
Mais si, mais si ! C'est tellement pratique ! Je veux les piscines, les avions… Je veux plein d'argent, j'aime les grandes scènes… Cela m'arrange très bien d'avoir un peu de succès mais je suis déjà super content comme cela. C'est con si je ne sors jamais de la Belgique, ce serait dommage mais déjà comme cela, je suis très content. S'il y a un bon Dieu quelque part, je suis prêt à lui dire : "Merci, merci, merci". Tout ce qui viendrait s'ajouter à cela me rendrait encore plus content mais je suis déjà un homme heureux de pouvoir être musicien. Le jeu est plus grand si tu as un plus grand public. Cela devient très intéressant si un jour, tu vends un million d'albums, tu as, après, tellement de crédit et d'argent que tu peux faire des choses expérimentales et très "freaky" en étant certain d'encore en vendre 50.000. Tu vas vendre 1/20ème de ce que tu as vendu avant mais cela te permet d'expérimenter donc c'est aussi une très grande liberté d'avoir du succès. C'est pour cela que cela m'intéresse aussi.
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