Le membre échappé de Melon Galia est donc le premier
a proposé son projet solo. Dès les premières notes,
on sent toute l'influence que le groupe a pu avoir. Mais, même
si le style est presque similaire, Samir développe un univers
personnel grâce aux textes empreints de doutes ("Le fossé",
"Quel effet ?") de poésie ("Fruit mûr",
"Mon vœu", "Salut bonjour") ou d'insouciance
("Invitation", "Au pré de Toram") et d'arrangements
musicaux plus latins. Samir ne se contente en effet pas d'une simple
combinaison guitare-voix puisque d'autres instruments tels que la contrebasse,
le fender rhodes, la batterie et le cornet s'ajoutent aux arrangements.
On est également loin des rythmiques de chants généralisées.
L'ombre du groupe plane encore sur cet album, ne fut-ce que par la présence
d'Aurélie Muller qui assure une partie de l'enregistrement et
qui l'accompagne aussi, parfois, en live ou par les thèmes des
chansons. "Quel effet ?" où il semble vouloir revenir
sur la fin de Melon Galia et mettre en musique les quelques questions
qui lui restent. "Mon agenda", où il cite les prénoms
des anciens du groupe, est une sorte de clin d'oeil sur la difficulté
de se réunir. "Le chemin", co-écrit avec Thierry
De Brouwer, est un peu la continuité du "fossé",
celui qu'il faut quitter pour se lancer dans l'aventure.
Cet album n'est pas seulement introspectif puisque certains textes développent
l'aspect poétique, à commencer par la mise en musique
du poème "Je voudrais pas crever" de Boris Vian ou
encore de "Fruit mûr", écrit par Miguel Rwubusisi
et qui parle du choix entre un amour pur ou une relation matérielle.
Une plume et une composition pas toujours évidentes mais qui
témoignent d'une belle richesse musicale et d'une humanité
avérée.
http://www.samirbarris.com
C.Flohimont.