Finalement
que doit-on penser de ce nouvel album ? Sans conteste que c’est tout
et très peu de Daft Punk. La première écoute vous désorientera certainement
et vous vous direz qu’il y a vraiment des grosses m... dessus. Aussi
déconcertant qu’il soit, les autres écoutes laisseront l’habitude s’installer.
On se surprendra alors à moins détester ce qu’on considérait comme pourri,
reléguant ces titres au rang de “passables”. L’album s’ouvre sur le
single “Eiffel-Cher-Albator 65” mais passons au prochain single "Aerodynamic"
dont le début est très prometteur par son rythme House-disco, vient
un break de guitare. Pour sûr, cela sidère mais beaucoup moins que ce
break de synthé assez ringard. S’enchaîne alors "Digital love"
dont les premières paroles au vocoder font référence au “Video killed
the radio star” de Buggles. Là aussi la niaiserie est présente via un
air de trompette et un break de piano-synthé tout droit sorti de Supertramp.
La référence eighties se poursuit avec "Harder, better, faster,
stronger" toujours avec voix au vocoder et une touche des anciens
Daft Punk, ca bouge plus, enfin ! "Crescendolls" nous enfonce
un peu plus dans le son dance des années 80 mais oh bonheur, quand la
mélodie se place, je crois retrouver la magie de Homework ! A peine
me suis-je mise à remuer que "Nightvision" (référence à Ten
CC “I’m not in love”) casse tout, c’est le moment de se reposer suggèrent-ils...
Une minute après, un tempo plus rapide encore déstabilise : "Superheroes"
me fait penser effectivement à la B.O. de Flash Gordon, ou de tout autre
film avec gros musclé en collant (bleu, vert, noir, à vous de choisir)
écoutez cette fin au synthé ! Là, on est dans les abysses ‘80. Je reprend
mes esprits grâce à "High life", sons House-disco, filtre
et riff vocal simpliste (paw, pow). Lui aussi aurait pu figurer sur
le premier album. Avec "Something about us", Les Daft veulent
peut-être prouver qu’ils savent écrire des mélodies pop comme leur confrères
de Air (voilà donc le rapprochement...). La basse, assez groovy, de
"Voyager" nous rappelle qu’ils s’agit bien des Daft Punk mais
une fois de plus l’utilisation du synthé gâche un peu le plaisir. Le
top de la ringardise est atteint avec "Veridis quo ?" Toujours
ce synthé, mis en position harpe cette fois, passons. "Short circuit"
revisite l’électronica eighties ou le break dance. Je trouve que Jacques
Lu Cont des Rythmes Digitales s’y prend beaucoup mieux ! "Face
to face" avec Todd Edwards au chant n’est ni pire ni meilleur,
cohérent par rapport à “Digital love”. Enfin, le (presque) supplice
va s’achever. Mes craintes du pire reviennent à la lecture de : Romanthony
au chant, pendant 10 minutes 02 secondes. La surprise est grande. Je
pourrais presque pardonner tous les écarts des Daft grâce à "Too
long". La mélodie, House-disco, est emballante. Elle fait mouche
! Ce titre est une tuerie pour les dance-floor ! Comme on dit, ils ont
gardé le meilleur pour la fin. Mais au bout du compte, il n’y a que
3 plages réellement géniales (Crescendolls, High life, Too long). Sur
14, c’est peut-être un peu “too short”.
Au final, il résulte un album très rétro. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ceux qui n’ont pas connu les années 80 et qui peut-être ne comprendront pas cet album ou qui justement poseront un regard moins référencé, plus pur et vierge sur ce que Daft Punk nous a livré. Malgré tout, on a du mal à croire ce que Thomas explique : “L’idée et les valeurs de la “house music” dans lesquels on se reconnaît sont toujours l’innovation, la liberté d’expérimenter et de faire les choses de façon très libre, en utilisant les moyens de production de cette musique pour s’amuser à créer, tout en pensant à recycler certaines choses. C’est la même démarche qu’auparavant mais une finalité différente”. [1]
[1]-Propos tenu à nos confrères de Trax 39.
Miss DJ Klax.