La première chose à faire quand on démarre un groupe est de se choisir
un nom qui claque, qui perturbe l'auditoire au point de ne plus entendre
que cela. Point gagné pour Bacon Caravan Creek (que nous nommerons BCC)
mais derrière ce nom bizarre se révèle un groupe qui a tout compris
à l'émorock. Ce nom de style hybride qu'on a collé à Radiohead, il y
a peu. "Day after pride" est donc le préambule parfait pour comprendre
ce genre musical tout comme elle nous prouve que le groupe ne craint
pas l'aventure et l'expérimentation. C'est pourquoi les changements
de tempo, de sonorités ou de mélodies ne sont pas rares. BCC est loin
d'un registre facile ou "grand public", loin du format radio pré-établi
par les vagues de sondage. On sent que les Hutois privilégient les ambiances
sur longue durée. Pourtant, des chansons "format radio", il y en a :
"Coma Tale" - qui peut résister aux premières notes de ce titre ? -
en est un bon exemple, tout comme "Relentlessly". Loin de vouloir se
priver d'autres ambiances, le groupe instaure également des instants
plus enlevés ("London 99", "Jack's unique welfare") et n'a pas taillé
ses compositions dans le format "couplet-refrain" ni même, point de
vue mélodique, sur "trois accords et deux rif". S'offrant les services
de l'ingénieur du son, Rudy Coclet, le groupe composé
de Nicolas Perat (chant et samples), Jonathan Nederlant (guitare), Vincent
Volont (basse) et Xavier Schmitz (batterie et samples) a réalisé
un excellent premier album ou les mélodies pop s'appuient sur
la voix particulière du chanteur. Un album hautement recommandable.
http://www.bacon.be
C.Flohimont.