Il y a quelques mois, la pub de cet album passait à la télé,
se terminant sur cette phrase, sortie de son contexte : "La prochaine
fois, tu prendras le bus". Elle s'avérait à moi bête
et ne m'a certainement pas donné envie de découvrir l'univers
de Grand corps malade. Et puis, "un cd de poèmes ? Ca doit
être ch***". Mais la curiosité de ce nom a pris le
pas sur ce mauvais plan marketing et j'ai donc eu "Midi 20"
en mains. J'ai alors fait la rencontre du slam français. Un après-midi
de chaleur, j'ai mis le cd dans le lecteur et je me suis retrouvée
aux côtés de Fabien à faire le marché à
Saint Denis, à traverser Paris le matin, à courir au bout
du monde, à regarder par sa fenêtre. Vraiment heureuse
d'avoir ignoré mes bribes de préjugés, j'étais
plus qu'attentive aux textes de cet artiste, réellement emportée
par sa plume. Il se dégage de "Midi 20" des sensations,
des moments que nous pouvons tous connaître un jour ou que nous
connaissons tous : le doute, l'envie de se réaliser, la maladie,
les aberrations de la société qui ne reconnaît plus
ses talents. Sans tomber dans le cliché du banlieusard parisien,
Fabien nous décrit l'univers dans lequel il vit, à commencer
par "Le jour se lève" car il est temps que les lueurs
éclairent le slam. Sa description de son quartier ("Saint-Denis",
ou "Vu de ma fenêtre") ou de sa ville (le très
funky "Je connaissais pas Paris le matin") sont de réelles
invitations à découvrir Paris d'une autre façon.
On entre entièrement dans son univers, on le partage facilement.
"Attentat verbal" vous éclairera sur la philosophie
du slam, vous apprécierez la métaphore sur l'amour dans
"Les voyages en train", vous partagerez la découverte
du handicap dans "6ème sens", apprécierez les
jeux de mots de "Ma tête, mon cœur…" Fabien,
à travers ses textes, élèvera l'humanité
qui est en vous.
Même si souvent les thèmes sont sérieux et cela,
ajouté à la mise en musique (par JB, S Petit Nico, Baptiste
Charvet et Seb Mau) brillante et mélancolique, il en reste en
fait un album réaliste sur fond optimiste. "Ca peut chémar".
Disque de chevet.
"Maintenant tu sais qui c'est, ces mecs chelous qui viennent
raconter leur vie,
C'est elle, c'est lui, c'est nous, on vient même si t'as pas envie,
Mais si t'écoutes un tout petit bout, p't'être bien que
t'en sortiras ravi,
Et ça c'est important pour nous, c'est grâce à ça
qu'on se sent en vie." [GCM-Attentat verbal]
http://www.grandcorpsmalade.com
C.Flohimont.