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Articles - Daft Punk |
Quatre ans ! Quatre ans qu’on attend avec impatience le successeur de “Homework”, disque qui avait révolutionné nos soirées et le paysage musical, en général. A l’époque Daft Punk a sans conteste contribué à l’éclosion, voire la généralisation de la House en France. S’en est suivi les courants que l’on connaît avec Cassius, Bob Sinclar, Superfunk, Démon, et même dans un registre plus pop, Air et dernièrement Phoenix. La “french touch” était née et l’amalgame aussi. Car effectivement, quel rapprochement peut-on faire entre Daft Punk et Air (par exemple) ? Même si d’autres producteurs étaient présents avant Thomas Bangalter et Guy-Manuel De Homem-Christo, Daft Punk a eu ceci de novateur qu’ils ont fait rentrer la House dans le top 50 (Homework s’est vendu à plus de deux millions d'exemplaires) et surtout... en Angleterre. Ainsi la France atténuait son complexe d’infériorité par rapport aux Anglais puisque ceux-ci s’intéressaient au phénomène Daft Punk. Vous rendez-vous compte, un groupe français en couverture des journaux britanniques ! Cette révolution a même décidé la poussiéreuse association de professionnels de la musique de créer une nouvelle catégorie pour les Victoires de la musique : la catégorie Techno et Musiques électroniques. Finalement, on leur doit beaucoup à ces deux jeunes gens.
Quatre ans après “Homework”, donc maintenant, le groupe est fortement critiqué mais tout aussi adulé. La plupart des fans de la première heure se sont retrouvés frustrés par le single “One more time” (je suis de ceux-là). Daft Punk s’abaissant à faire de “l’effet de Cher” ou pire du Eiffel 65 ! Moi aussi, à la sortie de ce single, j’ai crié à l’horreur. Les précurseurs qu’ils étaient se révélaient être de simples pastiches commerciaux ! Je reconnais tout de même une certaine qualité pour la mélodie mais Romanthony au vocoder... non vraiment, “l’effet de Cher”, c’est pas mon truc... Au sujet de la disparition d’innovations sur “Discovery”, Thomas répond : “L’innovation n’est pas la valeur reine : la musique, c’est de la transmission d’émotions, pour que les gens dansent ou qu’ils soient heureux, et ce n’est pas toujours à travers quelque chose de nouveau...” [1]
Quant à la réaction des gens par rapport à ce revirement de style, il poursuit : “Une de nos curiosité par rapport à Discovery, c’est justement de voir la perception qu’en auront les gens. C’est eux qui détermineront son appellation. Certains pensent que c’est de la house ou le futur de la
house, d’autres que c’est du rock électronique...” [1]
Les réactions sont partagées en deux camps bien distincts : on aime ou on n’aime pas, simplement ! Mais le résultat est là : ils font parler d’eux. Révélant qu’ils ont fait preuve de l’honnêteté la plus complète lorsqu’ils ont conçu “Discovery”, ils ont choisi de ne pas refaire un deuxième “Homework”, ce qu’ils estimaient sans intérêt.
Mais finalement que doit-on penser de ce nouvel album ? Sans conteste que c’est tout et très peu de Daft Punk. La première écoute vous désorientera certainement et vous vous direz qu’il y a vraiment des grosses m... dessus. Aussi déconcertant qu’il soit, les autres écoutes laisseront l’habitude s’installer. On se surprendra alors à moins détester ce qu’on considérait comme pourri, reléguant ces titres au rang de “passables”. L’album s’ouvre sur le single “Eiffel-Cher-Albator 65” mais passons au prochain single "Aerodynamic" dont le début est très prometteur par son rythme House-disco, vient un break de guitare. Pour sûr, cela sidère mais beaucoup moins que ce break de synthé assez ringard. S’enchaîne alors "Digital love" dont les premières paroles au vocoder font référence au “Video killed the radio star” de Buggles. Là aussi la niaiserie est présente via un air de trompette et un break de piano-synthé tout droit sorti de Supertramp. La référence eighties se poursuit avec "Harder, better, faster, stronger" toujours avec voix au vocoder et une touche des anciens Daft Punk, ca bouge plus, enfin ! "Crescendolls" nous enfonce un peu plus dans le son dance des années 80 mais oh bonheur, quand la mélodie se place, je crois retrouver la magie de Homework ! A peine me suis-je mise à remuer que "Nightvision" (référence à Ten CC “I’m not in love”) casse tout, c’est le moment de se reposer suggèrent-ils... Une minute après, un tempo plus rapide encore déstabilise : "Superheroes" me fait penser effectivement à la B.O. de Flash Gordon, ou de tout autre film avec gros
musclé en collant (bleu, vert, noir, à vous de choisir) écoutez cette fin au synthé ! Là, on est dans les abysses ‘80. Je reprend mes esprits grâce à "High life", sons House-disco, filtre et riff vocal simpliste (paw, pow). Lui aussi aurait pu figurer sur le premier album. Avec "Something about us", Les Daft veulent peut-être prouver qu’ils savent écrire des mélodies pop comme leur confrères de Air (voilà donc le rapprochement...). La basse, assez groovy, de "Voyager" nous rappelle qu’ils
s’agit bien des Daft Punk mais une fois de plus l’utilisation du synthé gâche un peu le plaisir. Le top de la ringardise est atteint avec "Veridis quo ?" Toujours ce synthé, mis en position harpe cette fois, passons. "Short circuit" revisite l’électronica eighties ou le break dance. Je trouve que Jacques Lu Cont des Rythmes Digitales s’y prend beaucoup mieux ! "Face to face" avec Todd Edwards au chant n’est ni pire ni meilleur, cohérent par rapport à “Digital love”. Enfin, le (presque) supplice va s’achever. Mes craintes du pire reviennent à la lecture de : Romanthony au chant, pendant 10 minutes 02 secondes. La surprise est grande. Je pourrais presque pardonner tous les écarts des Daft grâce à "Too long". La mélodie, House-disco, est emballante. Elle fait mouche ! Ce titre est une tuerie pour les dance-floor ! Comme on dit, ils ont gardé le meilleur pour la fin. Mais au bout du compte, il n’y a que 3 plages réellement géniales (Crescendolls, High life, Too long). Sur 14, c’est peut-être un peu “too short”.
Au final, il résulte un album très rétro. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ceux qui n’ont pas connu les années 80 et qui peut-être ne comprendront pas cet album ou qui justement poseront un regard moins référencé, plus pur et vierge sur ce que Daft Punk nous a livré. Malgré tout, on a du mal à croire ce que Thomas explique : “L’idée et les valeurs de la “house music” dans lesquels on se reconnaît sont toujours l’innovation, la liberté d’expérimenter et de faire les choses de façon très libre, en utilisant les moyens de production de cette musique pour s’amuser à créer, tout en pensant à recycler certaines choses. C’est la même démarche qu’auparavant mais une finalité différente”. [1]
DAFT PUNK : "Discovery" (Daft Life/Virgin) l’album, sorti le 12 mars 2002.
[1]-Propos tenu à nos confrères de Trax 39.
Track Listing de "Discovery" |
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01 - One more time 02 - Aerodynamic 03 - Digital love 04 - Harder, better, faster, stronger 05 - Crescendolls 06 - Nightvision 07 - Superheroes 08 - High life 09 - Something about us 10 - Voyager 11 - Veridis quo ? 12 - Short circuit 13 - Face to face 14 - Too long |
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